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Avec quoi peut-on faire du vin ?

Selon la définition officielle valable en Europe, est vin “le produit obtenu exclusivement par la fermentation alcoolique, totale ou partielle, de raisins frais, foulés ou non, ou de moûts de raisins”. Donc, a priori, pour répondre correctement à la question ci-dessus, je devrais vous parler de tous les cépages existant à l’heure actuelle, aux quatre coins du monde. Intéressant ? Pas forcément.

Avec quoi peut-on faire du vin

Ce qui m’intéresse, c’est plutôt le procédé, la vinification, que l’on peut appliquer à bien d’autres fruits, en l’adaptant un petit peu, et qui permet d’obtenir du “vin” à partir d’autres fruits. Certes, ce n’est plus vraiment du vin. Bon, d’accord, ce n’est plus du tout du vin. Reste que l’on aura vinifé un fruit autre que le raisin. La question est : quel fruit ? Qu’est-ce qui a déjà été fait, qu’est-ce qui reste à faire ? Y a-t-il des fruits non vinifiables ?

Le vin de fruits

A priori, quel que soit le fruit, on peut le vinifier. Poire, pomme, rhubarbe, cerise, pruneau, fraise, même du miel, si vous voulez ! Le site groc.ibelgique.com vous permet d’avoir un assez bon aperçu de la situation, et même une jolie recette et toutes les instructions dont vous avez besoin. Reste à savoir si c’est aussi illégal que, par exemple, faire sa propre distillation…

Attention cependant, si vous trouvez dans le commerce une bouteille labellée “vin de fruit”, quel que soit le fruit indiqué, il ne s’agit bien souvent que d’un cocktail à base de vin (de raisin), mélangé avec jus de fruit, sirop, ou liqueur, et quelques épices. Vous avez ainsi le vin d’orange, typique du Midi (et de la ville d’Orange…), qui n’a rien à voir avec le vin de pays de la Principauté d’Orange, et que l’on fabrique avec du vin rouge des Côtes du Rhône (méridionales, évidemment), des oranges, du citron, de la vanille, du sucre, et de l’eau-de-vie.

Vin de fraise

Mon préféré : le vin de fraises. C’est une ferme, au Québec, qui en produit, la Ferme Bourdages. Pour les importations, je pense que ça va être compliqué, d’autant que la production est encore assez réduite (ils prévoient 12 000 bouteilles pour 2008). Notez que c’est toujours deux fois plus de bouteilles que ce produit sous l’appellation Romanée-Conti, et qu’ils sont en constante augmentation. Ce qui laisse présager de la bonne qualité du produit (l’augmentation de la production, et de la consommation, pas forcément le fait qu’il y en ait autant qu’en Romanée-Conti).

Le grand classique : le cidre

Vous n’avez pas décemment pu passer à côté ce mois de janvier. C’est l’incontournable accompagnement de la galette des Rois. Mais savez-vous que le cidre n’est pas qu’une spécialité de la Bretagne ou de la Normandie ? On en produit aussi beaucoup en Espagne, dans le Pays Basque, les Asturies et en Galice, au Canada (notamment du cidre de glace, une boisson tout à fait particulière mais excellente), en Italie, Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, ainsi qu’en Suède !

Assez connu aussi, le “cidre de poire”, ou Poiré. A ne pas confondre avec le vin de poire, qui est un cocktail. C’est déjà plus une spécialité anglaise, où il est même élevé au rang d’Appellation d’Origine Protégée (AOP, signe européen qui a pour mission de fédérer les signes de qualité existants, comme l’AOC en France, ou la DO en Espagne).

La principale différence d’avec les vins de fruits est bien entendu le degré d’alcool (entre 2 et 5° pour des cidres, contre 11 à 15° pour les vins). D’ailleurs, si jamais on vous propose un vin de rhubarbe (si si), il est bon de savoir qu’il est réputé pour être “chargé”. Et l’eau-de-vie dans tout ça ? Elle est simplement le résultat de la distillation d’un vin, d’un cidre, ou d’un simple mélange d’alcool et de fruits (ou fleurs).

Pour résumer, en gros, il est possible de faire un peu ce qu’on veut, avec des fruits et de l’alcool (ou juste avec des fruits) et du temps. Mais il faut aussi savoir que la production de ces diverses boissons reste confidentielle. Simple problème de débouché ? de non-habitude ? Facteur culturel ? Ou souci de qualité trop aléatoire ?

Alors, après les arômes de banane dans le vin, à quand les arômes de raisin dans le vin de banane ?

PS : Nous rappelons à nos aimables lecteurs que la distillation artisanale reste illégale en France, mais n’incriminons pas les législateurs pour cette fois, il s’agit plus d’un souci de sécurité dû aux dangers de cette technique.

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3 commentaires pour “Avec quoi peut-on faire du vin ?”

  1. Dominique dit :

    Quid des vins élaborés à partir de planches de bois? ;-)
    Le Baron de Lestac doit se retourner dans sa tombe d’avoir été oublié dans votre article…

    Amicalement, Dominique

  2. Baraou dit :

    Ok mais maintenant que tu as goûté le vin de miel (hydromel) basquo-landais “Kirikino Ilargian” ?

  3. Julie dit :

    Au temps pour moi, j’avais oublié de mentionner l’hydromel dans cet article. Tout à fait remarquable, d’ailleurs, ce vin de miel. Et sur le tiramisu…

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