Quand la Chine se paie Bordeaux
Que la Chine boive du vin français, ce n’est pas si nouveau que cela. Que la Chine produise des vins, on s’habitue à l’idée. Que les investisseurs chinois rachètent des usines de pinceaux en Europe, c’est monnaie courante. Mais qu’ils se mettent à acquérir des domaines dans le Bordelais, c’est déjà plus rare, même si ce n’est que la suite logique des événements.

C’est pourtant chose faite, depuis le 24 janvier dernier : un groupe d’investisseurs chinois a racheté le château de Latour-Laguens, ses 30 hectares d’appellation Bordeaux et Bordeaux Supérieur, ses 30 autres hectares de… on ne sait pas trop quoi, ses bâtiments de 600m² “à la Walt Disney” et son nom qui contient, fait non négligeable, le mot “Latour”.
Signe évident de la notoriété de ce vignoble dans le monde, ce rachat témoigne surtout de l’intérêt des pays dits émergents pour le vin, et pour sa fabrication. Espérons juste que la qualité des vins chinois ne se fera pas ressentir dans les futurs crus du Château Latour-Laguens.
Un Château Latour en Chine
Le but de cette opération ? Exporter ces vins vers la Chine, à moindre coût. On peut d’ailleurs leur reconnaître que le choix est plutôt bien fait, et ouvre pour eux la porte à un marketing relativement facile, déjà grâce au nom du domaine. D’un autre côté, les appellations Bordeaux et Bordeaux Supérieur souffrent en France d’un manque de notoriété, de qualité, d’image par rapport aux autres Bordeaux, ce qui n’est pas un problème du tout quand on parle de la population chinoise, aux connaissances moins pointues sur les détails du système des AOC.
Alors, simple échange de bons procédés ? Moyen de (re-)trouver des débouchés à des vins qui subissaient une crise importante sur le sol national ? De recapitaliser un domaine ? Toujours est-il qu’il est délicat de parler de la Chine et de la concurrence qu’elle oppose aux pays d’Europe, de son marché qu’elle refuse d’ouvrir, tout en profitant de l’ouverture des autres.
Quelle stratégie à venir pour ces investisseurs ?
Parmi les projets du groupe Longhai, citons la reprise de ce domaine par la fille du propriétaire du groupe, l’expansion par le rachat d’autres domaines français, et l’opportunité que représentent les Jeux Olympiques comme première vitrine publicitaire à ces produits.
Concernant leur expansion sur les vignobles français, elle devrait être facilitée par la crise actuelle, qui continue de sévir, mais les limite peut-être à certaines régions, plus touchées que d’autres : l’hectare de Châteauneuf Du Pape, lui, continue de se négocier au prix fort, quand la négociation est possible…
Tags: bordeaux, Chine, Latour Laguens, Longhai



11 February 2008 à 10:59 am
[...] vignoble français en rachetant le Château Latour-Laguens, dans le Bordelais (l’article est ici), en vue d’en importer le vin en Chine. Aujourd’hui, une autre facette du commerce de [...]