La Direction de la Répression des Fraudes s’attaque à Bordeaux

A compter de cette année, les domaines du Bordelais vont devoir justifier de l’apposition sur leurs étiquettes d’un nom de château donné, quel qu’il soit, afin que ce nom soit enregistré par la Fédération des Grands Vins de Bordeaux, la FGVB. Sans cette justification, le nom du château employé ne pourra pas être recensé par la Fédération, et le domaine concerné risquera une amende s’il subit un contrôle de la Répression des Fraudes.
De quoi s’agit-il exactement ? D’empêcher la dérive suivie depuis plusieurs années par certains domaines, à savoir la multiplication des noms de châteaux pour ainsi dire fantaisistes, un même vin étant parfois commercialisé sous des noms de châteaux différents selon le canal de vente ! Pour les propriétés “en règle”, ça ne changera rien, la justification d’un Château étant relativement simple. Mais, à terme, on peut envisager que le nombre de noms de châteaux différents peut passer de 12000 à moins de 10000, selon le magazine Decanter.
Les détails de cette décision
Les récoltants bordelais doivent maintenant justifier les noms de châteaux qu’ils emploient pour qualifier leurs vins, ce qui dans la pratique s’avère assez simple : il peut s’agir du nom historique du domaine (Château Léoville Las Cases, par exemple), ou du nom du domaine dont ils ont pris des vignes en fermage (le domaine du Château Lascombes qui prend en fermage les vignes du Château Martinens, et peut donc les commercialiser sous le nom de Château Martinens), etc. Pour un second vin, son existence doit remonter à l’année 1983 pour être déclaré conforme.
La règle est qu’un même vin ne peut être commercialisé sous deux noms de Château différents. Cette décision ne fait que revenir sur une loi existante, et plus précisément un décret datant de 1921, qui est allègrement ignoré par certains propriétaires récoltants.
La tâche de la Fédération, c’est donc de recenser les noms de Châteaux dont les justifications sont acceptées, et ensuite de transmettre cette liste à la Direction de la Répression des Fraudes, afin de lui fournir une base de données fiable en cas de contrôles.
Quelle action, quel effet ?
Le but est de simplifier la compréhension de l’acheteur, du consommateur. En effet, comment s’y retrouver si un même vin, exactement, n’est pas commercialisé sous le même nom selon qu’il est vendu en restaurant ou chez un caviste ? Selon la Fédération, il ne s’agit pas de réduire le nombre de noms de châteaux existant, comme on a pu le lire parfois, mais d’éviter la multiplication de ces noms, même si, à terme, cette mesure peut amener certains noms à disparaître.
Pas de chiffres pour l’instant, à part les estimations du magazine Decanter, et le fait que le recensement actuel compte plus de 12.000 noms de Châteaux, pour 7.000 propriétaires-récoltants. Il faudra donc attendre un peu pour savoir si ce genre de pratique est très répandu dans le Bordelais. Quoi qu’il en soit, ça l’est apparemment suffisamment pour que la Direction de la Répression des Fraudes décide d’y mettre de l’ordre !
Tags: bordeaux, château, Fédération des grands vins de bordeaux, FGVB, réduction, Répression des Fraudes



13 February 2008 à 2:24 pm
Dans d’autres régions, certains producteurs ont 2 ou 3 étiquettes pour une même cuvée afin d’empêcher la comparaison des prix d’un réseau à l’autre (cavistes, restaurants, GD, Réseaux de boutiques)…