Calories dans le vin

Il n’y a pas que contre l’alcoolisme que l’on lutte en France, on lutte aussi contre l’obésité, et les troubles de la santé liés à une mauvaise alimentation. A l’échelle européenne, ça donne donc un règlement qui impose un étiquetage complet sur les produits alimentaires : valeur énergétique, teneur en glucides, lipides, protéines, composition… Sauf sur l’alcool.
Que dit la règlementation ?
Ce règlement, qui ne le deviendra vraiment que lorsque le Parlement et les Etats membres auront ratifié le projet, prévoit que, d’ici 3 ans (pour les grandes entreprises, 5 pour les PME), chaque produit alimentaire (produits “non emballés” inclus, dont sandwichs, pains, produits vendus en restaurant…) indique clairement sur l’emballage la teneur en sel, sucre, lipides, calories, par portion, par 100 mL ou par 100 grammes.
Mais cela ne s’applique pas à l’alcool (vin, bière et spiritueux), même si les “alcopops”, boissons alcoolisées, aromatisées, sucrées, qui ont pour cible les adolescents, devront indiquer ces éléments. Pour les alcools, la seule obligation est d’indiquer la présence de produits allergènes (résidus de lait, d’oeuf, d’arachides…).
Le but : que le consommateur soit averti. Car, on le sait bien, un consommateur averti en vaut deux, et si on partage sa portion en deux, on mange moins, donc on maigrit. Que l’on sache ce que l’on mange, que l’on mange plus sainement. Même si ça peut paraître “trop”, ce genre d’information manque souvent sur les emballages, voire dans les restaurants (notez qu’elle est déjà disponible dans une célèbre chaîne de fast-foods).
Quelle information sur quelle étiquette ?
Les lobbies ont bataillé pour que cette pléthore d’informations n’ait pas à être mentionnée sur les bouteilles de vin, bière, et spiritueux, et ils ont peut-être raison, car c’est la porte ouverte vers l’obligation de tout mentionner, composition exacte du vin comprise.
Mais il faudrait peut-être une information plus évidente, plus claire, sur les bouteilles, comme le mode d’élevage, l’utilisation ou non de copeaux, le vieillissement en tonneaux ou non…? Ce sont des données que les vignerons n’hésitent pas à communiquer à des magazines spécialisés, comme le souligne Méchant Raisin sur son blog, mais que peu de consommateurs connaissent, alors que ce serait bien utile pour se faire une idée plus juste d’un vin. Seulement, évidemment, ça n’est pas très bon pour les négociants, tout ça…
Profitons-en pour signaler qu’aux Etats-Unis, les mentions “alimentaires” sont déjà obligatoires, pour le plus grand malheur des vignerons français qui doivent rédiger des contre-étiquettes exhaustives.
Tags: calorie, calories, composition, étiquette, obésité


