Les vins japonais enfin autorisés en Europe
Nous parlions récemment des vins chinois qui se font une place sur le marché français. Ils ne sont pas les seuls, car depuis peu le Japon a aussi le droit d’exporter vers l’Union Européenne, ce qui lui était jusqu’alors refusé. Les premières bouteilles importées sont aujourd’hui en vente au Royaume-Uni, où le Japon espère se faire une place sur un marché dominé par la France, la Californie et l’Australie.
Pourquoi les vins japonais étaient-ils interdits de marché européen ?
La restriction imposée par l’Union Européenne était due au trop grand laxisme de la législation japonaise, qui permettait de qualifier un vin de “japonais” à partir de 5% seulement de raisins issus de vignes japonaises. Aujourd’hui, l’UE a décidé de laisser le Japon mener ses propres vérifications à ce sujet, mais nous n’avons pu trouver de plus amples informations à ce sujet.
La crainte de l’UE était légitime, car, avec seulement 5% de raisins japonais comme minimum, cela permettait à des vins constitués à 95% de raisins étrangers d’être qualifiés de vins japonais. Or, en principe, un vin constitué de 95% de raisins chiliens, par exemple, est et doit être considéré comme un vin chilien, et non japonais, peu importe où il a été vinifié (le terroir reste prédominant).
Les vins japonais
En provenance du Japon, on a l’habitude (enfin, quand on y va, ou qu’on est hors de l’Union Européenne) de voir des vins d’une grande qualité, en conformité avec tous les produits qui nous viennent de ce pays (matelas futons, sushis, objets high-tech…). De voir, donc, des vins avec un positionnement-prix haut de gamme, des vins qui ne sont pas à la portée des bourses les plus modestes.
Mais on pourra surtout noter que le climat japonais est a priori très favorable à la culture de la vigne, avec une bonne humidité et un ensoleillement correct. L’importance de la façade maritime de ce pays laisse présager d’un certain caractère iodé.
Le premier vin japonais en Europe
Le premier vin importé est le Shizen, Cuvée Denis Dubourdieu (qui a passé 5 ans à travailler sur ce projet et faire ce vin), millésime 2006, à base du cépage Koshu, un cépage purement japonais. Il est disponible dans un grand restaurant étoilé de Londres, Umu. Bizarrement, sur la carte des vins de ce restaurant, disponible en ligne, on ne trouve pas le vin de Shizen, mais 2 autres vins japonais, en provenance de Nagano, au prix de £55 la bouteille (soit plus ou moins 80€).
Aux Etats-Unis, les vins de Shizen sont commercialisés autour de $26 pour la Cuvée Dubourdieu. Robert Parker dit d’ailleurs, au sujet du millésime 2004 de cette-même cuvée, dit que c’est un vin “très prometteur”. “Très arômatique, même exotique, le vin est très léger, mais a une personnalité considérable, et sans aucun doute une flexibilité qui permet de l’accorder avec de nombreux styles de cuisine.” Il finit par : “Peut-être les Japonais ont-ils enfin trouvé leur meilleur espoir en blanc”.
Tags: Dubourdieu, Japon, Shizen, Union Européenne


