Du rififi dans les cépages
Premier article sur les effets du changement climatique sur le monde du vin, avec une analyse de ces effets sur l’encépagement des régions viticoles du monde, sur quels cépages vont rester, et lesquels sont en danger de disparition, ou au moins de déclin.

Il apparaît que certains cépages sont trop fragiles pour supporter sans dommages certains une hausse des températures, ne serait-ce que d’un degré, et une baisse des précipitations. Parmi ceux-là, le Cabernet Sauvignon, en danger dans le Bordelais : les températures actuelles semblent de moins en moins propices à produire une qualité optimale avec ce cépage, d’où un déclin, et un risque plus grave à long terme.
Lors de la Conférence, le docteur Richard Smart, spécialiste Australien en viticulture, a demandé aux participants s’ils ont pensé “au fait que, à Bordeaux, il est possible qu’on ait déjà vus les meilleurs millésimes de Cabernet Sauvignon ?”. Plus tard, il mentionne le fait que des recherches en génétique sont en cours, notamment pour mettre un gène de cactus dans des plants de Chardonnay, pour améliorer leur résistance aux températures élevées (d’ici 30 ans), et conclut que “selon [lui], cela ne donnera rien d’autre que du Chardonnay aromatisé à la tequila”.
La solution semblerait d’investir, pour changer l’encépagement, passer à des cépages plus résistants à la chaleur, qui s’épanouissent mieux sous des températures plus élevées. Le fait est que cela semble impossible en France, étant donnée la législation sur les AOC. En effet, comment envisager de se séparer du Cabernet Sauvignon à Bordeaux ?
D’un autre côté, entendre que nous ne verrons sans doute jamais des millésimes aussi grands que par le passé dans cette région, peu importe ce que l’on pense de ses vins en général, c’est une nouvelle qui est douloureuse.
Enfin, remarquez, ce n’est pas pour autant que les prix vont baisser… Au contraire. Si on se dit que 2005 est le dernier millésime exceptionnel en Bordeaux, cela va être la ruée vers l’or, et se procurer des bouteilles de ce millésime va devenir impossible, déjà que se constituer une cave comportant des grands vins relève aujourd’hui du domaine de l’impossible pour la plupart des gens qui “commencent” leur cave.
Tags: cabernet sauvignon, cépage, encépagement, Environnement, réchauffement climatique, smart



28 February 2008 à 11:46 am
En attendant, cela va d’abord permettre à un cépage si tardif que le CS de mieux murir dans le Bordelais - et 2007 avec ses pluies incessantes pendant l’été dans cette région a posé tout un autre problème sanitaire dans les vignes…