Le Médoc, appellation de l’estuaire du Rhin, région phare de la viticulture hollandaise
Le changement climatique se caractérise principalement par un réchauffement, par une montée des températures sur la planète. Une des conséquences que l’on peut supposer est un déplacement des zones viticoles vers les pôles. Le 15 février, à Barcelone, les œnologues Michel Rolland et André Lurton se sont penchés sur la question, notamment lors d’une dégustation où il s’agissait d’évaluer si les vins avaient subi une évolution due au changement climatique.

Actuellement, les latitudes moyennes de la viticulture sont 40° Nord (la Sardaigne est à cette latitude) et 35° Sud (le Cap de Bonne Espérance). D’ici la fin du XXI° siècle, selon un article paru dans un Hors-Série du magazine Géo, l’hypothèse haute du réchauffement climatique suppose un déplacement de 10° vers les pôles.
Traduction : il serait tout à fait envisageable de cultiver de la vigne au Danemark, ou au Québec.
Techniquement, la zone géoclimatique favorable aux vignes est caractérisée par des températures moyennes entre 10 et 20°C, zone qui se déplace peu à peu vers les pôles. Géo nous renseigne encore sur ce déplacement, de l’ordre de 80 à 240km depuis les années 1980, mais entre 500 et 1000 kilomètres d’ici à 2100 (soit le vignoble Corse déplaçable à Dunkerque).
C’est certainement la conséquence du changement climatique la plus “médiatique”, celle qui attire le plus la presse, les journalistes, c’est la conséquence possible la plus parlante, et la plus choquante. Facile à comprendre, facile à visualiser, et complètement scandaleuse si on y pense.
Certains pays en sont pour le moment plus ou moins à l’abri, comme les vins d’Amérique du Sud, ou d’Océanie, grâce à l’influence du climat océanique, qui amoindrit les effets du réchauffement climatique dans ces régions, et grâce à l’étendue de leurs surfaces cultivables à long terme.
Cependant, selon toute vraisemblance, l’Europe sera le continent le plus touché, et notamment la France. Il y a à parier que l’on risque de perdre la diversité, la richesse, la complexité, et d’autres caractéristiques qui font le Bordelais et la Bourgogne (pour ne citer que ceux-là).
On peut aussi supposer que la Chine tirera le mieux son épingle du jeu, car un tel scénario lui permettrait d’utiliser et de vinifier des millions d’hectares actuellement trop froids pour être cultivables et pour qu’on puisse y planter des vignes.
Quoi qu’il en soit, que ces hypothèses alarmistes soient réalistes ou non, la viticulture est en train de subir une transformation profonde, et il est grand temps de mettre en place des solutions pour, à terme, en sortir la tête haute, comme le font déjà certains domaines et certains syndicats.



3 March 2008 à 3:16 pm
Changements climatiques versus glaciation?