La question des émissions de CO2, l’exemple du CIVC
Le thème central des débats autour du changement climatique est la question des émissions de dioxyde de carbone, le CO2.
Le CO2 est un gaz pervers car il est invisible et inodore. Ses émissions ont pourtant de graves effets sur la santé de notre planète. C’est un gaz à effet de serre, toxique pour l’homme, qui sert de base au calcul du niveau de pollution dans les villes. Sa principale source est le transport, ce qui fait que toute industrie est concernée, y compris l’industrie viticole.

Il est en partie absorbé par les arbres, mais principalement durant leur période de plus forte croissance, pendant leurs 3 ou 4 premières années. Les solutions incluant la reforestation et l’utilisation de ces méthodes pour limiter les émissions de CO2 seront abordées dans des articles à venir, notamment au sujet de techniques comme l’enfouissement du CO2 et la reforestation ou l’apport bénéfique des chênes-liège.
Plusieurs initiatives sont en cours, plusieurs programmes ont été mis en place pour restreindre les émissions, comme en Champagne. Le CIVC (Comité Interprofessionnel du Vin de Champagne) a fait appel à l’expert Jean-Marc Jancovici (consultant, expert sur les questions énergétiques et les changements climatiques) pour déterminer quel est le niveau d’émissions de la filière viticole en Champagne, et comment celui-ci pouvait être réduit. Il a étudié quelles sont les sources d’émission de gaz à effet de serre (dont le CO2) en Champagne, et voici une partie de ses conclusions :
Sont à mettre en cause, dans l’émission de gaz à effet de serre, le verre, les emballages, et les transports. Au sujet du verre, il est envisagé de réduire le poids moyen des bouteilles (passer de 900 à 800 grammes), ce qui réduirait en même temps la quantité de déchets, et le coût des transports (en réduisant le poids total des palettes).
Question statistique, l’étude réalisée indique que 24% des émissions de CO2 en Champagne viennent de la viticulture et de la vinification directement, 13% des transports (du vin et des travailleurs), 39% des bouteilles et emballages, 8% des produits utilisés dans la cave et dans les vignes, et 5% de services auxiliaires (travail de bureau, secrétariat, marketing, assurance…).
Au sujet des emballages, si l’on se réfère aux informations recueillies par le Journal du Vin, le CIVC préconise de réduire les suremballages et les films plastiques parfois inutiles. Il faut reconnaître que, sur ce plan, la Champagne, avec ses grandes maisons et leurs emballages spéciaux particulièrement consommateurs d’espace et de ressources, est championne ! Probables tenants du titre, Ruinart, et les autres grandes maisons, qui ne peut vendre une bouteille sans qu’elle soit dans un carton particulier.
Enfin, des mesures visent à limiter les transports, remplacer les piquets en métal par d’autres en bois, limiter les rotations inutiles des voitures et des tracteurs, réduire l’ajout d’engrais et produits chimiques de traitement de la vigne, valoriser les marcs et les sarments…
L’objectif annoncé par Arnaud Descotes, du CIVC, est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 25% pour 2020, et de 75% pour 2050. Une initiative plus que louable, quand on sait que 200 000 tonnes de CO2 sont émises chaque année par la filière viticole de la Champagne, mais qui n’attend plus que la généralisation à d’autres régions, et d’autres industries.
Tags: champagne, CIVC, CO2, Environnement, jancovici, réchauffement climatique



3 March 2008 à 7:40 pm
Votre remarque concernant Ruinart, pour les spécificités de l’emballage, est surprenante et infondée. Toutes les bouteilles de champagne sont vendues dans un carton particulier. Les ventes de champagne sans carton, donc en vrac, n’existe pas.
Cordialement.
4 March 2008 à 5:49 pm
Certes, mais ce n’était qu’un exemple, parmi tant d’autres. Toujours est-il que l’intérêt de ces sur-emballages est limité… sauf pour le marketing.