La Champagne fait parler d’elle
Nous avions parlé il y a quelques temps de l’annonce faite par l’INAO de modifier la géographie champenoise, en offrant à 40 communes l’accès à l’AOC. Ce sera chose établie d’ici quelques jours, de même que le déclassement prévu de 2 communes, qui n’est pas, lui, sans poser quelques problèmes.

En effet, sur ces deux communes (Germaine et Orbay l’Abbaye), une a décidé de faire appel de cette décision, et réclame son droit à l’AOC. Car posséder des terres en Champagne, cultivables en AOC Champagne, est un privilège, et avant tout une source d’argent non négligeable. On comprend donc que la commune de Germaine et ses propriétaires choisissent de faire appel.
Posséder une terre à Champagne : jackpot assuré
Ceux qui se frottent les mains d’avance, ce sont les propriétaires de terres situées dans les 40 nouvelles communes de l’appellation. Quand on passe d’un patrimoine valant 5000 euros l’hectare, à un patrimoine valant 1 million d’euros, par simple décret INAO, il y a de quoi.
Mais que dire de la situation inverse ? Evidemment, ils ont 30 ans pour appliquer cela, ils ont 30 années de production “Champagne” devant eux. Mais toujours est-il que, d’un coup, la valeur de leur terrain décroît brutalement.
A Germaine, les terres sont louées à des maisons pour 800 euros par mois et par hectare. Sans compter les revenus que cela constitue pour la commune, entre les taxes et la venue de touristes. Mais cela suffira-t-il à faire revenir l’INAO sur sa décision, motivée par le fait que ces terres ne répondent pas techniquement aux critères de l’appellation (sol, pente, exposition…) ?
La résignation des propriétaires d’Orbay l’Abbaye
A Orbay l’Abbaye, c’est plutôt le contraire qui semble se passer. Le maire parle en effet des ennuis que lui rapportent les vignes, pour des avantages limités. Il se trouve que cette commune est dépourvue de vignerons particuliers, donc les propriétaires louent leurs vignes à Vranken. Avec nombre de contreparties, comme de payer si jamais un orage endommageait la production, etc.
Les joies de la grande consommation, donc. Mais aussi le fait qu’ils reconnaissent que leurs terrains ne sont pas vraiment d’une qualité “à Champagne”, ce contre quoi s’insurge la commune de Germaine, où on produit du vin depuis les années 40.
En somme, c’est un débat d’experts, où seule l’expertise devra trancher, pour déterminer si oui ou non ces terres méritent l’appellation Champagne, car au-delà des revenus engendrés par 2 hectares de vignobles (oui, vous avez bien lu, il n’y aurait que 2 hectares de vignes à Germaine), on parle de la renommée de la Champagne, de la qualité de ses vins qui doit être haute et fiable.


