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Quand les Japonais parlent de vin : Les Gouttes de Dieu

Salon du Livre aidant, nous avons pu nous procurer un exemplaire de ce fameux manga sur les vins, premier épisode d’une série de 15 volumes déjà sortis au Japon, et qui y ont rencontré un grand succès. Ce manga (sorte de bande dessinée japonaise, de format poche, généralement en noir et blanc, et qui a pour particularité de se lire de droite à gauche) s’intitule “Les Gouttes de Dieu”, est écrit par Tadashi AGI, illustré par Shu OKIMOTO et préfacé par Michel Dovaz.

Les gouttes de Dieu, le nouveau manga sur le vin

Comme la préface le mentionne, c’est un genre nouveau, le “mangavino”, qui allie la narration et le type d’histoires racontées généralement dans les mangas et le monde du vin, avec sa littérature si particulière, si traditionnelle. C’est en avant-première que nous vous le présentons, car cet ouvrage ne sortira que le 2 avril (bien qu’il ait été en vente au Salon du Livre le week-end dernier, sur le stand de son éditeur : Glénat).

Un format pour le moins inhabituel

Les Japonais s’étaient mis au vin, à en boire, en déguster, en produire. Il ne leur manquait plus qu’une chose : écrire sur le vin, et c’est maintenant chose faite. Mais ils ont fait les choses “à leur manière”, sous forme d’un manga. Si la forme physique de cet ouvrage surprend (ce n’est pas tous les jours qu’on parle de vin dans une BD qui se lit à l’envers), c’est surtout la forme que prend la narration qui est intéressante. En effet, le scénariste Tadashi Agi a choisi de respecter le style des mangas, où le vin, le monde du vin, sont liés au scénario, à l’intrigue, servent de cadre à l’histoire qui est racontée.

L’histoire, justement, c’est celle de Shizuku Kanzaki, dont le père, œnologue mondialement connu, vient de décéder, et de soumettre son fils à une épreuve. Pour pouvoir hériter, il doit affronter un brillant sommelier (adopté par son père une semaine avant son décès), et retrouver l’identité de 12 vins décrits par son père, plus d’un 13ème, inconnu de tous, surnommé “les gouttes de Dieu”. Sa route croisera celle d’une jeune apprentie sommelière, Miyabi Shinohara, qui l’aidera dans sa quête.

Mais des éléments parfois trop classiques

L’intrigue semble prometteuse, on suppose que plusieurs autres intrigues et histoires secondaire viendront s’y mêler, tout au long de la quête du jeune homme. Cela ravira donc les lecteurs de manga amateurs de vin, mais on peut déplorer, entre autres, le fait que trop peu d’entre nous auront jamais l’occasion de même “voir” les bouteilles décrites. A moins que la fameuse treizième soit justement un vin inattendu, très peu connu, qui ne paie pas de mine, on risque de se lasser de ne voir que de la Romanée-Conti, du Mouton-Rothschild, et du Château Margaux.

C’est sûrement ce qui rebutera beaucoup de lecteurs français : le manque d’éclectisme, l’excès d’élitisme. On aimerait plus de “petits vins étonnamment bons”, de vins inconnus au bataillon mais excellents, de bouteilles à quelques euros mais qui valent bien les grands crus. En un mot comme en mille, la vision du vin qui y est développée est un peu trop axée sur les très grands crus, les crus mythiques. Ne manquait qu’Yquem pour que ce tome soit parfait, à moins que ce ne soit pas exactement parmi les préférences de nos amis nippons.

Une belle aubaine pour les producteurs cités

Le point commun entre “Les Gouttes de Dieu” et “Sommelier”, un autre manga dont la publication a commencé près de 2 ans plus tôt, outre la forme, l’histoire autour du vin, etc., c’est l’explosion des ventes de vin qui s’ensuit. Après la parution de Sommelier, où le vin préféré du héros est le Pinot noir Jensen de la maison Calera, les lecteurs se précipitaient dans les bars et commandaient ce vin.

En Corée, la correspondante du BIVB affirmait que les Coréens “vont dans les bars à vin avec le manga sous le bras, et demandent à déguster tel ou tel vin qui y est présenté.” On se doute qu’avec les Gouttes de Dieu, ils risquent d’avoir un peu plus de mal à se procurer les breuvages en question…

En conclusion, c’est un ouvrage que je recommanderais, malgré ces derniers points, et surtout en raison des premiers, pour découvrir un autre genre, une autre manière de parler du vin. Surtout, pour observer que, où que l’on soit, de quelque culture que l’on vienne, les chemins pour arriver au vin sont tous différents mais que ce qui compte, in fine, c’est cet amour du vin que l’on partage et qui nous réunit, comme il réunit dans ce manga deux jeunes gens de mondes différents, comme on suppose qu’il réunira un jeune homme et son père au fil des tomes.

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Un commentaire pour “Quand les Japonais parlent de vin : Les Gouttes de Dieu”

  1. Cédric dit :

    Bonjour,
    il me semble que ce commentaire un peu tiède mériterait d’être revu à la lecture des tomes suivants maintenant disponibles.

    L’histoire sort des “5 grands” pour aborder des vins moins connus, plus abordables, et à travers les rebondissement, explorer toute la diversité du terroir.

    Une vrai découverte que ce superbe manga !

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