A cheval dans les vignes
Quand il s’agit de faire du bon vin, les nouvelles méthodes ne sont pas toujours les meilleures, et certains propriétaires choisissent donc d’en revenir aux méthodes traditionnelles, pour ne pas dire ancestrales, non par refus de la technologie, par souci de bio, d’équitable, ou que sais-je, mais simplement parce qu’ils les considèrent meilleures pour le travail de leur vigne et de leurs raisins.

Ainsi le Clos des Papes, le domaine de Beaurenard, ou le domaine de la Romanée-Conti ont fait le choix, avec d’autres domaines, de labourer certaines parcelles de leurs vignobles avec la participation de chevaux de trait.
Les avantages du labour à cheval
Première chose, les chevaux, malgré leur poids (autour d’une tonne, même si en général ils feront plutôt quelques 700 ou 800 kilos), n’écrasent pas la terre lors de leur passage. Ils la foulent simplement, de sorte qu’elle reste meuble pour le passage de la charrue, mais les tracteurs sont souvent à l’origine d’un certain tassage des sols. Ensuite, leur passage ne fait pas vibrer le sol, ce qui est le cas avec les engins mécaniques.
Les vignerons qui l’utilisent, comme la famille Coulon à Beaurenard, sur des vignes de Châteauneuf-du-Pape, louent le travail “de précision” rendu possible par cette technique, là où le tracteur pourrait abîmes les souches. A Pape Clément, il s’agit de voir quel effet cela aura sur la longévité de la vigne (une vigne de Beaurenard centenaire est maintenant à nouveau labourée à cheval, après 50 années de tracteur, entre autres).
Une pratique répandue ?
Les domaines cités précédemment sont des domaines de renom, surtout des domaines dont le nom est lié à une grande qualité (voire plus, si l’on considère la Romanée-Conti ou le Clos de Vougeot). Ce sont des domaines dont une partie des terres est précieuse, fragile, et mérite une attention toute particulière.
Mais qu’en est-il du reste du vignoble ? Il y aurait, en France, 80 chevaux-vignerons, répartis sur tout le territoire, mais surtout en Bourgogne (il faut savoir qu’à Bordeaux, Pape Clément a été le premier cru classé à se convertir à cette méthode).
La question, c’est que cette pratique a un coût, à comparer avec celui du labour mécanique. Il faut une écurie, ou à défaut placer le cheval dans une écurie (qui soit proche des vignes, faute de quoi le cheval devra être amené en van jusqu’au vignoble). Il faut l’équipement (la charrue, les cuirs pour l’attelage, les outils de labour…). Il faut le cheval, évidemment (sachant que son apprentissage dure en moyenne 2 ans, pour qu’il apprenne les ordres, à marcher très lentement, etc.). Et il faut le carburant, à savoir la nourriture du cheval de trait (s’il est en pension, les écuries s’occupent généralement de ce point, mais il faut veiller à ce que le cheval soit nourri, ce qui n’est hélas pas toujours le cas). Au total, compter un investissement de près de 100 000 euros.



29 March 2008 à 12:59 pm
En effet, l’utilisation du cheval, que ce soit dans les vignes, pour d’autres cultures, pour l’entretien des forêts, des espaces verts en ville, etc. est une excellente chose. Tout en apportant un résultat de qualité, cela s’inscrit à la fois dans une démarche de développement durable, respect de la planète, mais aussi cette pratique contribue à la survie de certaines races de chevaux de trait…
Survivre autrement qu’en étant élevés pour la boucherie ! On le doit bien aux chevaux qui ont, au fil des siècles, payé un si lourd tribu pour contribuer au développement de notre société.
http://www.equi-blog.com/francie
31 March 2008 à 4:48 pm
petite précision sur le cout, j’estime à 10000 euros pour s’équiper et actuellement beaucoup de domaines comme la romanee conti font appel à des prestataires de service.
2 April 2008 à 9:01 pm
tout à fait pour 10000 euros, mais la moitié au départ pour le prix du cheval, et 5000 euros pour les frais. Mais cette forme de labours est valable pour les petites surfaces. Le vigneron qui veut donner un plus pour sa vigne plus proche de la nature c’est OK, mais plus que 5 ha ,c’est autre chose. question de gain de temps et de gestion.
23 May 2008 à 9:02 am
Bonjour… 10 000 euros ou… 100 000 euros ? Merci
16 June 2008 à 8:10 am
Bonjour,
Je suis éleve dans un lycée viticole et actuelement je fait un dossier sur le labour a cheval.
Pouvez vous m’indiquer le nombre de passages (en moyenne) effectuer dans l’année pour une parcelle.
-griffage
-buttage
-débuttage
-interceps
Merci d’avance
7 July 2008 à 9:51 am
Bonjour
oui, 100 000 ou 10 000?
pouvez vous répondre à la dernière question : combien de passages dans l’année?
Merci