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Vin et espionnage industriel

Quand on achète une bouteille, c’est avant tout une histoire de confiance. Confiance envers le vigneron qui l’a fait, par rapport à ses pratiques (respect du terroir, des vignes, pas de mensonges sur l’étiquette, pas de copeaux…). Confiance envers la personne qui nous vend le vin, par rapport aux conseils qu’elle nous donne (qualité du vin, qualité de l’accord avec tel plat…). Mais il y a pire que cette confiance. Il y a la confiance aveugle que nous avons en la conservation de la bouteille. C’est à peine si l’on se pose la question.

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Des bouteilles au passif douteux

Mais on ne nous dit pas tout. En l’occurrence, on ne nous dit même rien. Chacun part du principe que la bouteille a toujours été bien conservée, à l’abri de trop de lumière, de trop grands écarts de température… Chacun part aussi, en général, du principe que le vin contenu est bien celui décrit par l’étiquette, qu’il n’y a pas eu de fraude. Et pourtant, rien ne nous permet de le dire, rien ne nous permet d’affirmer que le vin a voyagé sans encombres du chais au magasin. Rien ne nous permet non plus de dire que c’est bien le bon vin, mais c’est déjà un problème bien plus rare.

Une question a été soulevée récemment dans divers articles, au sujet du transport du vin, car il n’est pas facile de s’assurer que le vin a été convenablement transporté, sans gros écarts de températures etc. Surtout quand il s’agit d’un vin importé, qui a voyagé par bateau, on ne peut pas vraiment savoir s’il a été exposé à des températures “extrêmes” (0°C ou 40°C). Certes, au-delà de certaines températures, le vin congèle ou se dilate au point de casser la bouteille ou faire sauter le bouchon. Toujours est-il que des écarts de température violents, ou des températures “extrêmes” endommagent le précieux liquide.

A quoi bon s’acharner à avoir la cave parfaite (humidité, température, ombre), si, dès l’achat, vous êtes entré en possession d’un vin qui a été malmené lors du transport ? On dépense des centaines d’euros pour acheter LE frigo qui vous permettra de faire vieillir vos vins dans des conditions optimales, mais les vins en question partent avec un handicap, avant même d’avoir passé la porte de ce frigo. Cela peut être déroutant, non, de se dire que, malgré tout le soin qu’on y met, le vin a déjà subi un dommage irréparable ? Certes, nos soins font que cela n’est pas aggravé, mais tout de même, y consacrer autant, alors que le produit de départ n’est déjà plus tel que les critiques nous le promettaient ?

L’apport de la technologie : les puces RFID

Heureusement, avec les progrès de la technologie, une solution existe. Certains vignerons apposent en effet des puces RFID qui permettent de suivre les bouteilles et d’enregistrer certains paramètres de leur environnement, comme les températures (et écarts de celles-ci) qu’elles subissent. La technologie RFID (Radio Frequency Identification, soit Identification par Fréquence Radio) est concentrée dans des puces apposées sur des objets et qui envoient des signaux à un terminal donné, et peuvent permettre de stocker des données, et localiser l’objet en question (cela pourrait servir à plus d’un pour portefeuille ou trousseau de clefs).

Une société, eProvenance, s’est donc lancée sur ce marché, en jouant sur le sentiment de confiance (d’aucuns diront de paranoïa) des acheteurs (et la volonté des producteurs de les rassurer). Elle propose des puces RFID à apposer sur les bouteilles, qui en garantissent l’authenticité, et surveillent au jour le jour les températures auxquelles elles sont soumises, afin que l’acheteur soit rassuré sur le soin qui a été porté au convoi de son acquisition.

Les puces RFID sont critiquables sur de nombreux points, notamment quand il s’agit de la protection des données personnelles, du respect de la vie privée (imaginez qu’un grand magasin en pose sur ses produits et les “suivent” de cette manière, jusque chez vous…). Cependant, on peut leur accorder ceci : ça reste un plus non négligeable que de pouvoir acheter un vin en toute sécurité, en sachant qu’il a toujours été conservé dans de bonnes conditions, presque aussi bien que s’il avait passé toute sa vie avant vous dans les caves de son domaine viticole.

Après tant de garanties, de précautions, et de garanties de précautions, en revanche, ce serait bien dommage de tomber sur une bouteille bouchonnée !

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3 commentaires pour “Vin et espionnage industriel”

  1. Nicolas dit :

    En effet, je suis bien d’accord. pour ma part il m’est déjà arrivé d’acheter des bouteilles conservées de façon douteuse. Ce qui m’exaspère le plus, c’est que :
    - c’était des bouteilles de renom d’un grand domaine viticole,
    - le caviste est également un établissement haut de gamme de renom,
    - je trouve des vins mieux conservés en GMS … alors là! à ne plus rien y comprendre ….
    Reste qu’en cas de problème la possibilité de rapporter la bouteille à la boutique reste plus facile chez un caviste.
    Bref, pas très sérieux tout de même que de stocker des vins d’une certaine somme, debout en haut d’une armoire … a fortiori près des néons …
    à bon entendeur … bonne conservation à ce fabuleux nectar qu’est le vin …

  2. Marie dit :

    Génial comme idée !! commercialement en tous cas ! Et pour alimenter les discussions de salon sur le sujet …
    Mais comment fait on après avoir acheté la bouteille, nous communs des mortels, pour lire l’information détenue par la fabuleuse puce RFID ?
    Et le coût de la bouteille grimpe de combien ?
    On achète, on déguste immédiatement ou l’on garde précieusement ! Les vins que je garde je les achète auprès de viticulteurs indépendants de qualité et je leur accorde ma confiance … Dans les autres occasions, je visite cavistes ou grandes surfaces (là c’est la loterie).
    Je précise : fille de viticulteur en Bourgogne, j’habite Paris où je garde quelques bouteilles que je bois avec plaisir au fil du temps … et connais un peu la RFID …

  3. Julie dit :

    Aux dernières nouvelles, le Château Mouton-Rothschild a apposé sur ses dernières bouteilles (millésime 2005) une empreinte numérique non falsifiable, pour garantir que les bouteilles ne sont pas des faux. Et pour mieux contrôler la commercialisation.
    Seraient-ce des puces rfid ?

    Par ailleurs, au sujet de ces puces, de plus en plus d’articles paraissent dans journaux et magazines, posant la question de l’éthique et des libertés individuelles. Va-t-on trop loin avec le suivi des produits ? Va-t-on vers “1984″ ou “Brave New World” ?

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