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Les vins du millésime 2008 en grand danger

Après avoir parlé des millésimes 2007 pendant quelques temps, voici un premier aperçu de ce que risque d’être 2008.

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La Loire : peu de chances de s’en sortir

2008 en Loire risque fort d’être une catastrophe pour certains vins. C’est une très mauvaise nouvelle pour les vignerons de la Loire, qui ont déjà connu plusieurs millésimes difficiles ces dernières années, même s’il leur reste encore une chance de voir ces dégâts minimisés.

Certains se rappelleront le millésime 1991, où il avait fortement gelé, tard dans l’année (seconde moitié du mois d’avril), ce qui avait totalement ruiné les vignes, en endommageant trop sévèrement les bourgeons qui venaient à peine de sortir. Pour 2008, le schéma risque d’être le même, mais le gel étant arrivé plus tôt, il reste une chance que la situation s’améliore, s’il y a un second débourrement, à savoir la sortie d’une seconde génération de bourgeons.

On se rappellera aussi que les millésimes 2006 et 2007 n’ont pas été particulièrement brillants, avec des récoltes plus faibles que les années précédentes. En 2007, ce sont les effets conjugués d’un printemps froid et d’attaques de mildiou qui ont endommagé la vigne et donné lieu à une vendange décevante.

Pour le millésime 2008, le problème concerne avant tout le Muscadet mais aussi, dans une moindre proportion, l’Anjou, et les appellations Savennières, Côteaux du Layon et Saumur-Champigny. Alors que syndicat et propriétaires s’inquiétent, la seule chose à faire est attendre les prochains jours, les prochaines semaines, qui seuls pourront nous en dire plus sur le sort de ce millésime.

Espérons que la situation va trouver une issue heureuse, car en dépit des indemnités que les viticulteurs pourront toucher (dans le cadre du régime des calamités agricoles, qui couvre entre autres le gel), ce ne sont pas ces subventions, d’où qu’elles viennent, aussi grandes soient-elles, qui vont compenser le fait que, selon toute probabilité, il n’y aura pas ou peu de Muscadet millésime 2008.

A Bordeaux et en Californie : le début de la galère

Mais il n’y a pas que la Loire qui est en danger, et c’est bien là le problème. Dans le Bordelais aussi, on commence à s’inquiéter, en raison du mauvais temps. Des gelées ont eu lieu la semaine dernière à Saint-Emilion et dans le nord du Médoc, rapporte l’œnologue Stéphane Toutoundji sur son blog. En Californie, les premiers échos qu’on entend parlent de mauvais temps, de difficultés, et des premiers bourgeons qui ne donneront probablement rien à cause du froid. De quoi laisser supposer un millésime qui ne sera pas d’une très grande qualité.

Décidément, le printemps 2008 n’est pas très favorable aux vins, entre les primeurs 2007 qui n’ont pas été d’une très grande qualité (la faute au temps, là encore) et les températures qui peinent vraiment à monter. C’est vrai qu’on ne peut pas avoir un “2005″ chaque année, mais on aurait quand même bien aimé un “2004″ ou un “2006″. D’un autre côté, le travail des vignerons permettra sans nul doute d’obtenir de bons vins, voire de très bons vins. Et si cela permet d’enrayer l’inflation exagérée dont abusent certains domaines, c’est toujours autant de gagné : à suivre, lors des primeurs 2009… au printemps 2010 !

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5 commentaires pour “Les vins du millésime 2008 en grand danger”

  1. Lolo 1er dit :

    Stéphane Toutoundji est un “négatif”, il suffit de lire son blog, il devrait boire plus (ou moins) et certainement “meilleur”.
    Quant à la quantité des récoltes, elle rime rarement avec qualité, même si elle peut être compatible.
    Les grands 2007 et 2006 démontrent comme depuis la fin des années 80 qu’il n’y a pas que la musique qui s’est améliorée… De meilleurs vignerons, un meilleur respect des terroirs (y compris de leurs climats) et un retour vers une expression naturelle permet de réaliser des vins de grande classe un peu partout et chaque année. Evidemment, c’est au prix de sacrifices quantitatifs, allant même jusqu’à ne pas produire une cuvée, mais pour la satisfaction de l’amateur.
    Le rechauffement climatique est certainement pour quelquechose dans la qualité des 10 derniers millésimes mais son lot de dérèglements n’est pas simple à gérer.
    Il ne faut donc pas lire les comptes-rendus des organismes professionnels qui ne se basent que sur les volumes et le prix moyen, mais les commentaires des amateurs éclairés et des professionnels pour se rendre compte que le marché du bon vin progresse et que les millésimes 2006 et 2007 nous apporterons de grands vins. La différence majeure est qu’en 2000 et 2005, un peu partout en France, des vignerons médiocres ont réalisé de bons vins… Serait-ce cela un “grand millésime” ?!

  2. Iris dit :

    Après la disparition des blogs vin sur Internet, la fin du Sauternes, maintenant les vins du millésime 2008 en grand danger - je trouve, que vous faites fort dans le catastrophisme:-) - même si cela ne m’empéche pas de comprendre l’inquiétude des vignerons, qui dépendent, comme tous les agriculteurs, du temps.

    Merci à LoloBarou de remettre les pendules un peu à l’heure: quantité et qualité sont deux paires de manches! Illustrer l’article en plus avec une photo plutôt pris en hiver, visiblement après la chute des feuilles et avant la taille, est bien esthétique, mais pas une bonne preuve dans la matière…

    Par contre pour les abricots de la vallée du Rhône, cela l’air raté cette année:-(

  3. Patrick robert dit :

    Trop de catastrophisme !
    le plus choquant est l’attaque sur les millésimes 2006 et 2007, ils ne sont pas bons ou ils ne sont pas fort en volume.
    Je les trouve paradoxalement très bon malgré un été pourri septembre a sauver le millésime
    il faut être précis quand on écrit

  4. Julie dit :

    Peut-on nous en vouloir pour des titres un peu “accrocheurs” ?

    Je remercie Laurent pour cet éclairage.
    Par contre, j’ai une question : par rapport au couple qualité/quantité, qu’en sera-t-il avec ce qu’on appelle les “contre-bourgeons” ? J’ai lu qu’il n’est pas toujours certains qu’ils portent des fruits, donc la quantité sera certainement réduite, pour les régions concernées par le gel. Mais qu’en est-il de la qualité ? Toutes choses égales par ailleurs, ces bourgeons peuvent-ils rendre une qualité différente des premiers bourgeons ? (ou peut-être que la moindre quantité, en diminuant le rendement, permet aux raisins de bénéficier de “plus”, et donc donne une meilleure qualité ?)

    Enfin, permettez-moi juste de citer mes sources : les nouvelles publiées par le magazine Decanter, en lesquelles j’ai suffisamment confiance.
    Sachez aussi que je présente mes excuses aux millésimes 2006 et 2007, mais il faut reconnaître que la quantité n’était pas toujours là dans certaines appellations de la Loire, et que les primeurs 2007 sont jugés par certains critiques “décevants”, même si je ne cacherai pas mon goût pour les 2006 par ailleurs.

  5. Baraou dit :

    Le milléssime, ah… Les chiffres (les nombres) s’ancrent (”s’encrent” serait une écriture plus poétique)facilement dans notre esprit et j’ai déjà “agacé” (en toute amitié) Jaques Dupont à ce sujet sur France Inter (bonjour Isabelle). Il ne faut donc pas globaliser les commentaires en références aux millésimes. Le climat (version bourguignonne), les qualités de la plante (cépage, âge, porte-greffe), le travail dans la vigne, le travail dans le chai, sont autant de critères qui “complexifient” l’analyse.
    Alors oui, il y a des 2007 meilleurs que des 2006 et encore meilleurs que des 2005 (sur les mêmes parcelles et avec les mêmes hommes). Il y a aussi des 2005 d’une longévité supérieure à des 2002 ou des 2007. On trouve de nombreux 2005 très réussis par des vignerons (plus ou moins à juste titre) inconnus. C’est aussi ça le vin !
    Quant aux contre-bourgeons, c’est pas pour cafter, mais certains ne donneront rien de bon… et d’autres apporteront la meilleure réponse à un début de printemps frais que sera suivi par… va savoir. Je ne suis pas un expert en vigne, mais je prends le pari que je trouverai d’excellents 2008 à Chinon (et ailleurs), c’est mon métier et je peux l’exercer grâce aux vignerons qui bossent dur sans baisser les bras, même face au gel ou à la grêle.
    Findagoodwine, anywhere, anytime, this is my job !

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