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Archive pour April 2008

Bordeaux Primeurs 2007 : la rive droite

Monday 14 April 2008

La rive droite du Bordelais (Saint-Emilion, Pomerol et Fronsac) donne en 2007 des vins globalement plus séduisants, plus charmeurs, que la rive gauche. On note de grandes différences entre des vins d’une même appellation, mais il en résulte que certains vins sont très réussis, bien plus que la grande majorité de ceux de la rive gauche.

A Saint-Emilion, comme un peu partout ailleurs, la qualité des primeurs 2007 est très hétérogène, entre de belles réussites, et des déceptions. Les vins les plus réussis sont fruités, gourmands, avec des tanins souples, et de la fraîcheur. Cependant, ils manquent encore de longueur, faute d’un millésime au temps favorable.

A Pomerol, on trouvera surtout des vins agréables, faciles à boire, sur le fruit, mais à boire assez rapidement, leur potentiel de garde n’étant pas très grand. Les meilleurs sont complexes, très élégants, avec des tanins fins à très fins.

A Fronsac, les choses sont un peu différentes, du fait du manque de notoriété et de reconnaissance actuel de l’appellation. Face à de tels problèmes, les producteurs réagissent en proposant une meilleure qualité, en apportant plus de soins à l’élaboration de leurs vins et en faisant plus d’efforts sur leur qualité. Ampleur, élégance, concentration et des tanins fermes caractériseront donc ces vins, avec de bonnes surprises, mais toujours dans le ton du millésime 2007, c’est-à-dire encore bien loin de 2005 ou 2006.

Bordeaux Primeurs 2007 : les blancs

Friday 11 April 2008

La météo en 2007 à Bordeaux, fortement pluvieuse en été, mais plus sèche en septembre et octobre, a bénéficié aux cépages blancs (sauvignon, sémillon…), qui ont révélé un grand potentiel lors de la semaine des présentations en primeurs.

Les vins blancs secs

Les sauvignons ont particulièrement profité de la météo de 2007, et offrent aujourd’hui une très belle fraîcheur. Déjà lors de la mise en cuve, des propriétaires les annonçaient “très aromatiques”. Le millésime semble donc plus que prometteur.

La bonne nouvelle, c’est que, les dernières années, les blancs bordelais ont été éclipsés par leurs homologues rouges, mais 2007 risque de redorer leur blason et d’amener le public à s’y intéresser à nouveau. En effet, on a pu souvent entendre des amateurs dédaigner ces vins, très secs, un peu pâles sur le plan gustatif, et leur préférer des blancs d’Alsace, de Loire, de Bourgogne, de la Vallée du Rhône, du Languedoc, de l’étranger… Le millésime 2007 sera donc une belle occasion de provoquer un regain d’intérêt pour ces vins, d’amener les amateurs à les redécouvrir dans de superbes conditions.

Les vins blancs liquoreux

Pour les liquoreux, 2007 peut d’ores et déjà être qualifié de millésime exceptionnel. Plus encore que d’autres châteaux, et surtout plus que d’autres années, le Sauternes du Château d’Yquem, en 2007, sera un très très grand vin, et risque fort de s’arracher sur le marché : on pressent même un 100/100. Pour ceux qui voudraient en profiter, et acquérir ce vin qui promet d’être inoubliable, mythique, il va falloir sortir le porte-monnaie.

Mais même si l’on n’a aucun doute sur la qualité du produit fini, d’ici plusieurs années, on est toujours en droit de se demander, avec de tels vins, si ce n’est pas un peu exagéré. D’aucuns diront que non, mais 400 euros, si ce n’est qu’une bouteille de vin pour certains, pour la plupart cela reste un investissement, une chose qu’ils ne pourront se payer qu’une fois, pour laquelle ils font des sacrifices sur d’autres postes budgétaires. La question, c’est de savoir si, quitte à dépenser cette somme en vins, préférez-vous le faire sur une seule bouteille, exceptionnelle, un vin au goût de paradis, ou acheter quelques caisses de vins fabuleux mais abordables.

Bordeaux Primeurs 2007 : La météo

Thursday 10 April 2008

Après un article introductif, nous allons vous proposer quelques notes de dégustation sur les Primeurs 2007, récemment présentés à Bordeaux. Cette série commencera avec un rappel des conditions météorologiques de cette année 2007, déterminantes sur la qualité des vins de ce millésime.

La météo de 2007 a un peu “bousculé” la vigne, avec des conditions loin d’être optimales, qui ont requis la plus grande vigilance de la part des vignerons.

Le mois d’avril, quand a lieu le “débourrement” (les bourgeons sortent), a été très chaud, ce qui fait que les ceps ont pris de l’avance sur leur cycle. Il a fait froid et humide au mois de mai : la floraison a été plus lente, plus étalée, plus inégale.

Le début de l’été (juin et juillet) a quant à lui été pluvieux, et a rendu propice le développement de maladies de la vigne, dont le mildiou par exemple (champignon qui peut se répandre très rapidement et causer des dommages sévères à la vigne, il faut alors être très réactif et pulvériser du cuivre sur les plantations). Au milieu de l’été, tous les vignerons s’accordaient à dire que c’était un millésime difficile.

Par chance, août et septembre ont “sauvé” le millésime 2007, avec un temps relativement sec, des nuits fraîches, un ensoleillement suffisant. Si les vins rouges n’ont été que “sauvés”, les vins blancs, en revanche, s’en sont donnés à coeur joie, et ont été favorisés par cette météo.

L’autre côté des choses, c’est qu’à l’heure actuelle, avec les progrès en technique, en chimie, il est possible de garantir une qualité certaine, quel que soit le millésime, quelle que soit la météo. On observe des variations, c’est certain, mais moins dramatiques qu’il y a plusieurs décennies, où des conditions météorologiques défavorables pouvaient complètement ruiner un millésime, ce qui n’existe plus aujourd’hui.

Cependant, 2007 est un millésime qui donne des résultats très variés selon les domaines, selon le soin que les vignerons auront apporté à leurs vignes : travail des vignes en elles-mêmes, sélection des raisins, des grappes, lors des vendanges, et maîtrise de la vinification font la différence, et distinguent les domaines où le travail a sauvé la qualité, et ceux où la météo médiocre de 2007 a irrémédiablement endommagé les fruits et les cuvées.

Loi Evin: encore une nouvelle proposition de loi !

Wednesday 9 April 2008

Les sénateurs Roland COURTEAU, Marcel RAINAUD, Robert TROPEANO, déjà auteurs d’une première proposition de loi visant à moderniser la loi Evin et accompagnés cette fois-ci des sénateurs Jean BESSON, Bernard PIRAS et Simon SUTOUR ont déposé une nouvelle proposition de loi tendant à faire la distinction entre publicités et articles de presse rédactionnels, en matière d’information sur le vin.

Distinguer publicité et contenu rédactionnel

Pourquoi une loi faisant une distinction entre publicité et articles de journaux? La distinction semble évidente : dans un cas il s’agit d’un contenu libre et gratuit bénéficiant de la liberté d’expression et de la liberté de la presse, dans l’autre cas il s’agit d’un contenu payant, encadré notamment par le droit de la consommation. Et pourtant, ainsi qu’on l’avait déjà vu, Le Parisien avait été condamné pour avoir omis de mentionner le message sanitaire (l’abus d’alcool etc…) dans un article au contenu rédactionnel.

La logique des juges est simple : eu égard à l’objectif de santé publique il n’y a pas lieu d’opérer une distinction entre publicités et articles de presse, ces derniers devant être soumis également à la loi Evin. Or la loi Evin prévoit non seulement la présence d’un message sanitaire mais surtout la publication d’un contenu objectif et neutre sur le vin. En conséquence, si les articles sont soumis à la loi Evin leur contenu ne pourra pas être élogieux ou effectuer une comparaison entre deux vins. Comme les sénateurs s’en inquiètent dans leur proposition de loi, “tout article qui n’aborderait pas une boisson, comme le vin, sous l’angle de la dénonciation pudibonde, encourrait le risque de censure. Les revues de consommateurs devraient y regarder à deux fois avant de comparer les mérites et les prix respectifs de plusieurs vins. Quant à la presse œnologique, Lire le reste de cet article »

Primeurs 2007 : Mauvais année pour les vins de Bordeaux

Tuesday 8 April 2008

Les dégustations de primeurs ont eu lieu la semaine dernière dans le Bordelais, et le millésime 2007 s’annonce plutôt rude pour les domaines de la région, quels qu’ils soient.

Le millésime 2007

D’après les dires des critiques, c’est un millésime réussi, mais qui ne sera pas parmi les plus grands, qui n’est pas au même niveau que les 2 ou 3 précédents. Si 2005 a été exceptionnel, 2006 présentait un très bon potentiel, mais 2007 n’aura pas ces mêmes qualités de garde. C’est un vin plus sur le fruit, qu’il sera préférable de boire jeune. 2007 a été une année pluvieuse, où on pourra clairement distinguer ceux qui ont travaillé dans leurs vignes de ceux qui ont “laissé faire”, et qui montre surtout qu’avec les techniques actuelles, il est difficile de rater un millésime comme ç’aurait pu être le cas il y a un demi-siècle.

En revanche, les vins blancs s’en sortent très bien, au point que certains journalistes pensent que le millésime 2007 sera l’occasion de faire découvrir ou redécouvrir les Graves blancs, qui souffrent d’un fort manque de notoriété vis-à-vis de leurs homologues rouges. Les vins liquoreux du Sauternais s’en sortent apparemment encore mieux, avec un millésime d’une qualité quasi-exceptionnelle.

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