Le vin c’est pas bon
Depuis 1980, la consommation de vin en France a (très) fortement baissé, passant de 120 litres de vin par personne à 55 litres (voire moins, selon les sources) à l’heure actuelle. Les professeurs Liz Thach, de l’université de l’État de Sonoma, en Californie, et François d’Hauteville, de Supagro Montpellier, ont mené une étude à ce sujet, relayée par le blog WineBusiness.

L’étude souligne que ce déclin et d’autant plus important que les jeunes générations, et surtout les jeunes de 20 à 30 ans, ne boivent presque plus de vin, et se rabattent sur la bière, les alcools, l’eau, les sodas, et les jus de fruits. Les auteurs avancent 5 raisons pour expliquer ce fait :
Le vin, ça fait “vieux”
Les personnes interrogées sont d’accord pour dire que le vin fait partie de la culture, et surtout de la tradition, françaises, mais que c’est plutôt une boisson bue par des gens plus âgés. Ils préfèrent d’autres boissons, mais ne rechignent pas à prendre un verre de vin en famille, lors d’un repas, occasionnellement (1 à 3 fois par mois).
Le vin, ça reste de l’alcool
Il semble que les lobbies anti-alcool ont bien fait leur travail, car les jeunes adultes de notre beau pays boivent moins qu’avant, ils ont été sensibilités aux méfaits de l’alcool, aux dangers de l’alcoolisme et de l’alcoolémie. Dans l’étude, il est mentionné que l’efficacité de nos campagnes anti-alcool en font un exemple à suivre dans d’autres pays, même s’il a parfois les dérives qu’on lui connaît.
Dans les commentaires des répondants, on peut lire “la bière a un degré d’alcool plus faible que le vin, donc je bois généralement de la bière, quand je vais en boîte”. Nombre de jeunes sont d’accords, et préfèrent boire de la bière ou des cocktails, pour cette même raison, parfois sans penser que la taille des verres servis compte aussi dans la quantité d’alcool ingérée…
Le vin, c’est pas bon
Plus exactement, c’est le goût des vins qui est critiqué, et peu apprécié par les personnes interrogées. La plupart préfère les vins sucrés, comme le Sauternes, ou les différents muscats, et n’aime pas le goût des vins rouges, trop tanniques, trop acides, trop astringents.
Les auteurs rappellent que dans le passé, les enfants étaient habitués peu à peu au goût du vin en buvant lors des repas un peu de vin dilué dans beaucoup d’eau, une pratique aujourd’hui bien moins répandue. De fait, avec la prolifération de boissons douces, fruitées (sodas, premix, cocktails), les vins (plus secs, tanniques, acides) ne font pas beaucoup envie.
Les bons vins, c’est trop cher
En France, les vins pas chers sont pléthore. Les piquettes aussi. Les bons vins sont assez chers, souvent trop pour une génération qui se lance dans la vie et n’a pas forcément les moyens de dépenser de l’argent en grands vins. On sait bien qu’on peut trouver de très bons vins à 5€, mais ici ce sont surtout les prix en restaurants qui sont incriminés.
De plus, dans les boîtes et les bars, le vin se fait rare, on trouve beaucoup plus de bières et cocktails et, s’il y a du vin, sa qualité laisse souvent à désirer, pour un rapport qualité-prix rédhibitoire. On le reconnaîtra aisément : la bière est bien moins chère, et plus facile à trouver pour ces générations.
Je sais pas quoi boire…
A part pour les jeunes travaillant ou faisant des études dans le domaine du vin, ce monde reste un grand mystère pour les 20-30 ans, qui ne s’y retrouvent pas entre les appellations, les régions, les crus, les climats, les cépages, les millésimes… “Il y a tellement de noms et de régions, et je ne sais pas quel goût ces vins ont”, peut-on lire. On relève aussi le côté frustrant, quand des vins d’une même région ont des goûts différents.
Les actions préconisées
Les recommandations de l’étude (suggérées par les répondants) sont les suivantes :
- développer des marques, claires, avec des profils gustatifs cohérents
- des campagnes de communication axées sur la production locale, sur le terroir
- que les plus jeunes soient éduqués au vin et à la culture autour du vin, dans les écoles et universités
- des packagings plus adaptés, notamment des bouteilles de bons vins plus petites dans les restaurants, bars et discothèques
- des étiquettes plus claires et plus attractives (comprendre “plus colorées”)
Mais rassurez-vous, le vin a quand même des côtés positifs, toujours selon l’étude : il est décrit comme une boisson “naturelle”, qui crée une atmosphère “conviviale” avec les amis et la famille. Enfin, les jeunes interviewés le décrivent comme une boisson faite pour être partagée avec les proches, et non une boisson à consommer en soirée, pour se saouler.
Tags: alcool, bière, consommation, critique, millenials, vin



17 May 2008 à 5:51 pm
hier soir je voi mon fils partir à un diner d’amis avec une bouteille de baron de lestac et je lui explique gentiment qu’on a à la cave des vins bien meilleur et que je lui en donne s’il veut faire bonne impression auprès de ses amis. Sa réponse : oui mais baron de lestac c’est connue, c’est une marque toi tes trucs personne ne connait. Le résultat de l’ignorance des jeunes et de la complexité des vins? Le succès des marques et donc les jeunes boivent des vins pas bons qu’ils paient chers et finissent par se détourner du vin et ça nous fait un joli cercle vicieux et des jeunes qui carburent au wjysky-coca
4 July 2008 à 2:48 am
[...] qui est assez endommagée par la lutte des lobbies anti-alcool, comme le montrait une étude sur la non-popularité du vin auprès des jeunes français. Dans cette étude, une des causes données pour ce manque de popularité était l’effet de [...]