Bridget Jones ferait baisser les ventes de vin
Petit quizz pour commencer : vous avez lu/vu “Le Journal de Bridget Jones” ? Vous vous rappelez de ce qu’elle fait à chaque fois qu’elle déprime ? Une cigarette, oui ? C’est bien. Un verre de vin, peut-être ? Bon. C’est là que ça se complique : lequel ?
Parce qu’il faut bien trouver un coupable, l’expert du vin Oz Clarke a déclaré récemment que, si les ventes de Chardonnay en Grande-Bretagne sur les 12 derniers mois, c’est la faute de Bridget Jones et de son “Journal”, tant format papier que sur grand écran.
La faute à Bridget !
Bridget la célèbre gaffeuse a encore gaffé, à en croire Oz Clarke. En effet les chiffres montrent une baisse des ventes de 200 000 bouteilles de Chardonnay sur les 12 derniers mois, par rapport aux 12 mois précédents (été 2006 à printemps 2007 contre été 2007 à printemps 2008, donc), et non 7,5 millions, comme la presse l’a rapporté à tort.
Qu’a-t-elle fait pour ça ? Il se trouve que l’héroïne a pour habitude de noyer son chagrin et son désespoir dans de grands verres de Chardonnay. On peut lire “Cher journal, j’ai encore échoué, je me suis versé un énorme verre de Chardonnay et je vais aller mettre la tête dans le four.” De quoi faire dire à Oz Clarke : “Chardonnay a fait certains des plus grands vins du monde, tout le monde l’appréciait – jusqu’à ce que Bridget Jones arrive”.
Le principe, c’est que les gens voyaient le Chardonnay comme une boisson “sexy” (pour reprendre les termes de Mr Clarke), cool à avoir et à boire. Mais il a été associé à un remède lors de grandes déprimes, une “aide” pour les gens qui ratent leur vie, c’est pourquoi les consommateurs ne veulent plus en acheter, pensant que s’ils en boivent ils seront perçus comme des gens qui noient leur chagrin dans de grands verres de vin parce qu’ils ont raté leur vie.
La faute à Bridget ?
Mais peut-on vraiment imputer à l’œuvre de la romancière Helen Fielding un tel impact sur les ventes de Chardonnay ? On connaît son succès phénoménal outre-Manche, son influence, mais il semble que l’effet Bridget Jones soit un peu passé.
Attardons-nous d’ailleurs sur la chronologie des événements. Le premier roman sort en 1996, le premier film en 2001 (c’est celui qui a eu le plus de succès), le second roman en 1999 et le second film en 2004. Pour une baisse des ventes entre 2006 (à partir de juin) et 2007. Si c’était vraiment la faute de Bridget Jones, n’aurait-on pas vu une baisse des ventes de Chardonnay dès 2002 ou 2003 ?
Ensuite, ce n’est encore une fois qu’une suggestion, mais c’est un personnage adoré, qui noie son désespoir (désespoir hilarant pour les lecteurs et spectateurs) dans du Chardonnay. Qu’il en résulte un problème d’image, certes, ça paraît logique. Mais une baisse des ventes de 200 000 bouteilles, 6 ans après la sortie du film ? L’héroïne aurait donc à ce point dégradé l’image du Chardonnay pour que les consommateurs anglais s’en éloignent aussi vivement ?
Mais bon, comme on le sait, un battement d’aile de papillon peut provoquer un tremblement de terre de l’autre côté de la planète. N’est-ce pas ? Et vous, vous vous souveniez que c’est du Chardonnay (parce que moi je ne me souvenais même plus de quel vin il s’agissait) ? Est-ce que ça a changé votre manière de regarder une bouteille de Chablis (pour n’en prendre qu’un) ?
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