Modernisation de la filière vitivinicole
Il y a un an, le Président de la République avait annoncé aux vignerons qu’il ferait quelque chose pour eux, pour relancer la filière. Il a donc demandé au Ministère de l’Agriculture de lui remettre un plan, pour 5 ans, qui modernise la filière, qui lui permette de faire face aux défis à venir, dans un contexte toujours plus mondialisé et plus compétitif.

Le plan, remis à la toute fin du mois de mai, comporte 28 mesures regroupées sous 8 thèmes. L’objectif global est “d’accroître les volumes mis en marché à l’exportation”, c’est-à-dire d’exporter plus (passer de 13,5 à 16 millions d’hectolitres d’ici 2013), et “de renforcer la qualité et l’image de la production pour améliorer la valorisation du produit”, à savoir faire que nos prix, actuellement 1,9 fois plus chers que le cours mondial, deviennent plus de 2 fois plus chers que ce cours.
Les mesures et la volonté qui se cache derrière
La plupart concernent l’organisation administrative de la production française de vins, et vont dans le sens de ce qu’on pourrait appeler a priori une “centralisation sensée”, avec un appareil à deux étages (le national, et des organes régionaux) où les décisions sont prises pour à la fois respecter l’identité et les desiderata des régions, mais aussi développer la cohérence de la viticulture nationale.
Pour ce qui est des appellations, c’est-à-dire ce qui importe le plus au consommateur, 3 niveaux co-existeront : les “Vignobles de France”, avec indication de cépages et de millésime, les “IGP” (Indications Géographiques Protégées) et les “AOP” (Appellations d’Origine Protégées). Les IGP, basées sur un critère de simplicité et de notoriété, seront plus souples que les AOP, et ces dernières pourront profiter d’un plus grand niveau de détail, afin de respecter au mieux la typicité du produit et le terroir.
Mais le gros du travail reste à faire, avec la redéfinition de ces appellations et surtout l’affectation des appellations actuelles à ces catégories. On se doute que ce sera ressemblant à ce que l’on a évoqué dans un article précédent. Reste aussi la tâche de lister la totalité des cépages admis sur le sol national, liste pour laquelle nous espérons une utilité administrative et législative, à défaut d’autre chose (les dérives sont extrêmement rares, et à quoi bon cultiver un raisin non vinifiable ?).
A priori, ce qu’on peut y lire, c’est un désir de faire mieux reconnaître les niveaux d’appellation autres que l’AOC, ceux qui concernent des vins atypiques, originaux, des vins de marques, etc., comme ce Chardonnay de Zind-Humbrecht relégué au rang de “vin de table” en dépit de sa qualité, un rang dont le nom ne sonne définitivement pas très bien. De même, la mention “IGP” rappellera les “IGT” italiennes, qui bénéficient d’une réputation bien meilleure que nos “vins de pays”.
Bien entendu, le tout est noyé dans un langage presque incompréhensible pour le néophyte en rapports ministériels et organes administratifs de la filière vitivinicole, même si on note un certain effort de clarté et de synthèse. Cela dit, ce plan ne manque plus que d’une mise en place, via plusieurs textes législatifs et autres décrets qui devraient être publiés dans un délai d’un an.
L’autre nouvelle, c’est que quelques lignes mentionnent la création d’un groupe de travail “qui appréciera avant l’automne 2008 l’opportunité et la nécessité de faire évoluer le cadre dans lequel s’inscrit la publicité pour les boissons alcoolisées, au regard des nouveaux modes de communication (internet), dans le respect de nos objectifs de santé publique”, nécessité que nous avons abordée dans des articles précédents. En effet, cela semble une étape importante pour améliorer la notoriété internationale de nos vins, et par là-même leurs exportations.
Si vous désirez en savoir plus, le plan en question est disponible sur le net.
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