Quelles perspectives pour les critiques de vin dans les médias traditionnels ?
Des médias qui trinquent
La croissance du secteur de la presse papier n’est pas au plus fort. Les journaux accusent une baisse de leurs abonnements et l’éclosion des médias gratuits sur le web mais également en version “papier” fait mal. Ajoutez à cela une forme de démocratisation du journalisme via l’avènement de blogs à succès et vous obtiendrez un bien sombre tableau.

L’instantanéité de l’information via l’outil Internet peut mettre en danger l’industrie des médias traditionnels. Ce constat général est également valable pour le monde du vin. En effet, n’importe quelle note ou billet relatif à une récente dégustation, même dans un cadre non professionnel, peut être publiée à tout instant. Au contraire, la publication d’une note de dégustation via un média traditionnel papier peut prendre plusieurs semaines, un délai évidemment très long à l’heure du tout numérique. Dorénavant, le lecteur préfère une information live flexible, qu’il peut consulter plusieurs fois, de n’importe où et c’est pourquoi les blogs de dégustations rencontrent un tel succès.
Pourquoi les blogs de vin ont-ils du succès?
J’ai encore tête l’impressionnant souvenir de Laurent Baraou prenant en photo avec son téléphone, dans ma cuisine, une bouteille d’Hecula que je retrouvais…quelques heures plus tard à peine sur le blog de Laurent, accompagné d’un petit commentaire. Non seulement le blog permet au lecteur d’avoir accès à l’information immédiatement, mais il permet surtout l’interactivité. Ainsi, contrairement à l’absence d’échange totale entre l’auteur d’une critique de journal ou de magazine et son abonné, le bloggueur lui, instaure un dialogue et acquiert un statut différent, une familiarité presque qui est souvent synonyme de confiance. Enfin, le bloggueur a souvent dégusté dans les mêmes conditions que le consommateur ce qui évidemment les rapproche encore.
Vers une convergence des modèles?
On en viendrait presque à se demander si le manque de professionnalisme du bloggueur n’est pas la raison de son succès… Il est vrai que la liberté et la légèreté du bloggeur sont des atouts indéniables dont les médias traditionnels pourraient en partie s’inspirer pour faire évoluer le modèle classique: la critique écrit et le lecteur lit. Cette évolution est d’ailleurs déjà présente sur les éditions électroniques des journaux généralistes où les internautes peuvent laisser des commentaires auxquels il ne manque plus que la réaction des journalistes, trop souvent absents des échanges. Alors, à quand les journalistes du vin sur le web?
Tags: blog de vin, bloggueurs du vin, critiques de vin, journalistes du vin, note de dégustation



17 July 2008 à 4:20 pm
Mais je ne suis qu’un Artisan Caviste… J’aimerais voir un journaliste (ou au moins un critique spécialisé) à l’oeuvre avec de véritables reportages… Reste le problème économique, comment rémunérer le journaliste ?
17 July 2008 à 4:38 pm
les blogueurs ne remplaceront jamais les journalistes mais peut-être certaines de leur pratique peuvent-elles faire école? Tu soulèves effectivement l’épineux problème du contenu gratuit en ligne que la publicité en ligne ne règle que partiellement…
18 July 2008 à 9:40 am
comment rémunérer le blogueur tu veux dire
???
18 July 2008 à 3:05 pm
Qui dit pub (surtout en ligne) dit confusion, les règles sont bafoués et il est courant de trouver un pub (en presse écrite) à l’intérieur d’un dossier consacré au même produit que l’annonce !
Certains critiques “vendent” leurs commentaires sous forme d’abonnement à une newsletter mais cela ne génère pas des revenus suffisants et il semble que vendre du papier soit plus efficace (c’est vrai que c’est plus cool de lire un magazine avec de belles photos). Le guide annuel étant le seul “produit rentable”.
Tu écris “les blogueurs ne remplaceront jamais les journalistes” mais je précise que les blogueurs peuvent être des vignerons, des revendeurs de vins, des négociants, des critiques pro ou des journalistes. Le statut de blogueur n’est pas un métier et en cela il ne définit pas la qualité du rédacteur. J’aimerais (si je n’étais pas déjà bien occupé) participer à une émission télé consacrée à la découverte des vins, avec des reportages sur les vignerons, et des dégustations commentées en direct avec un sommelier, un oenologue et un amateur,… Mais Evin est passé par là.
Alors, restent les blogs mais regarde ce que sont devenus nombre de blog de cuisine ou de mode… des agences de communication ; sponsorisés et manipulés qu’ils sont ! Oui je caricature mais un blog n’est qu’un moyen de donner son avis, il ne génère que peux de revenus (pour celui que cela intéresse) et il finit par être une contrainte (ça prend du temps d’écrire). Alors, à quand un journaliste (un vrai, pas un chargé de communication) qui décidera de publier ses reportages sur son blog ? Jamais ! Il ne va pas faire cadeau de son travail ; la pub sur un blog ça paye à peine l’abonnement internet pour les blogs les plus lus, sauf à faire la pub des produits concernés, c’est plus du journalisme, dans le vin ça existe déjà en version papier, c’est la RVF !