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Qu’adviendra-t-il des primeurs 2007 ?

La campagne primeurs 2007 est désormais terminée, avec les dernières sorties, les dernières mises en vente des crus bordelais. Le verdict reste néanmoins pessimiste, certains experts s’inquiètent : en bref, cette campagne ne se solde pas vraiment sur une note positive.

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Au début de la campagne, après les dégustations, les experts et critiques disaient à qui voulait bien l’entendre qu’il fallait baisser les prix, puisque le millésime n’était pas à la hauteur de 2005 ou 2006, et qu’il était grand temps de mettre un terme aux surenchères qui ont caractérisé ce marché depuis quelques années, avec des vins atteignant des prix exorbitants.

Si certains châteaux ont suivi ces conseils, avec des baisses de l’ordre de 15 à 20 % par rapport aux pris du millésime 2006, ce n’est pas le cas de la majorité, qui est resté sur des tarifs équivalents, pour un millésime dont on s’accorde à dire qu’il n’a pas la qualité du précédent.

Les questions que l’on se pose

A quel prix doit-on vendre un vin ? A sa valeur, en tant que vin, produit de la vigne, doté de telle et telle qualité gustative ? En fonction des coûts de production, des coûts supplémentaires générés par le “sauvetage” d’un “millésime difficile” ? En fonction du marché, et de la spéculation ?

Et quelle est la valeur d’un vin ? Comment peut-on parier sur la valeur future d’un vin goûté presque avant sa naissance, et y mettre plusieurs centaines d’euros ? Les primeurs sont un système fort décrié, pourtant, si tout le monde l’accepte, si tout le monde y adhère, ça n’a pas de raison de changer. La bonne nouvelle étant que, au moins, avec la réaction vive des experts suite aux dégustations, certains châteaux ont eu le courage de baisser leurs tarifs, ce qui n’est pas négligeable.

Ensuite, tout est une question d’arbitrage : il faut savoir si l’on fait un vin pour le consommateur, pour l’acheteur, en fonction du marché ; si l’on fait un vin pour le plaisir, pour l’amour du produit ; ou si on fait un vin parce que c’est une activité économique plutôt rentable, où ce qui compte avant tout est de faire du profit et de rentrer dans ses frais.

Mais, par ailleurs, avec les techniques modernes, le travail dans la vigne, etc., est-il normal de voir des écarts de 20% entre le prix de deux millésimes ? Y a-t-il vraiment de tels écarts dans la valeur des vins ? Cette campagne amène à se poser de nombreuses questions sur le pricing des vins.

Et, en même temps, malgré tout l’amour qu’on peut avoir pour le vin, en dépit de toute l’honnêteté intellectuelle dont on peut faire preuve, avec la spéculation en cours sur le vin, si on peut vendre son produit à 150 ou à 50, et qu’on le vend aussi bien à un prix comme à l’autre, pourquoi le vendre à 50 ?

Pourquoi le vendre à la valeur intrinsèque du produit, quand le marché est prêt à payer le triple ? C’est un choix à faire, ce n’est pas très gentil pour les pauvres consommateurs français qui ne peuvent pas se payer ces grands crus, mais que celui qui n’a jamais pris de telle décision, dans quelque domaine que ce soit, leur jette la première pierre…

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