Le vins Bio : engouement et développement
Aujourd’hui la mode est au bio et le vin n’échappe pas à cette tendance. On compte pour l’année 2007 une augmentation forte des surfaces en vignes avec +20% par rapport à 2007. Malgré tout, ce type d’agriculture ne représente que 2% de la surface viticole
Mode ou tendance de fond?
Certains prédisaient que le bio serait un phénomène de mode s’estompant rapidement avec sa cohorte de discours sur le retour aux sources et à la nature. Avec l’engouement de la population, qui se traduit par une consommation en augmentation et un changement durable des habitudes, on peut affirmer que le bio s’inscrit durablement dans une nouvelle façon de consommer. Le label n’est donc plus seulement une marque qui plaît mais un label qualitatif et garant de fraîcheur aux yeux de nombreux consommateurs.
De plus, avec la multiplication des foires aux vins bios, comme celle de Monoprix, on s’aperçoit que la distribution des produits viticoles biologiques se fait désormais de façon de plus en plus massive.
Opportunisme ou démarche qualité?
Si la démarche peut être parfois commerciale (le label bio est une façon de positionner son produit), le passage à une agriculture bio s’inscrit souvent dans une démarche de qualité et de valorisation du terroir. En effet, les viticulteurs ont de plus en plus tendance à penser par exemple que les pesticides et autres produits inhibent le terroir et uniformisent les vins.
De fait l’adoption du label AB n’est pas une décision anodine et pose un réel problème au viticulteur qui l’adopte. En effet, ce dernier est alors dans l’obligation d’utiliser des produits naturels pour traiter la vigne, quoi qu’il arrive. Ainsi, dans le cas où une épidémie viendrait à se développer, le vigneron n’a pas la possibilité de traiter avec des produits chimiques, ce qui peut s’avérer désastreux. Il est alors coincé entre une partie de sa clientèle qui achète son produit du fait du label AB, et la possibilité de perdre une partie de sa récole (comme cela peut arriver pour cause de mildiou par exemple.
C’est pourquoi de nombreux producteurs préfèrent adopter une agriculture bio sans le label AB, que l’on qualifiera d’agriculture “ultra raisonnée”. Cette démarche est alors personnelle, contrairement celle du producteur qui modifie son agriculture pour bénéficier du label. Ainsi, l’agriculture ultra raisonnée permet de ne pas pâtir de ces réglementation, et de pouvoir traiter en utilisant des produits chimiques en cas de force majeure. La contrepartie est qu’il n’existe pas de label et que le vigneron ne peut compter que sur sa réputation pour valoriser ses méthodes de travail.
Peut-être verra t-on apparaître un label “agriculture ultra raisonnée” qui serait une espèce de label bio avec une marge de tolérance…




7 August 2008 à 3:21 pm
comme quoi on peut produire du vin sans déguelasser la terre et l’eau avec des pesticides. A quand le reigne du bon sens dans l’agriculture???
7 August 2008 à 4:09 pm
Je pense qu’il faut distinguer 2 catégories de producteurs/consommateurs qui se proclament “Bio”.
1° Les “vrais de vrais” qui ont cet amour de l’écologie et du respect de la nature.
La question à se poser est “le font-ils uniquement pour le vin ou pour leur alimentation quotidienne ?”
2° Les personnes qui sont sensibles aux sulfites. Là, le débat est plus délicat dans le sens où un vin sans sulfites est impossible, que ce soit en agriculture raisonnée ou biologique car il faut préciser que c’est l’agriculture du raisin qui est biologique.
Les questions à se poser ici : “Qu’en est-il de la fermentation, vinification, … ?”, “Les abus sont-ils possibles & détectables ?”, “Les pesticides arrosés sur la parcelle voisine ne peuvent-ils avoir une influence aussi minime soit-elle sur celle du producteur Bio” ?
A bientôt,
8 August 2008 à 5:38 am
Bonjour,
Faire du bio dans un environnement qui lui , ne l’ est pas ???
Moi , je suis d accord avec Francois , car il est possible de produire sans trop dégeulasser la terre et l’ air ……….
Toutefois , le bio est un état d’ esprit , car dans l’ absolue , ça ne peut pas exister ,de plus le cuivre
n’ est pas trés trés Bio….
Actuellement , il faudait que les consommateurs prénnent consciences qu ‘ ils boivent de la M…. !!!
Des paysans qui travaillent proprement , et naturellement ça existent !!!!!!!!
10 August 2008 à 6:15 pm
Désolé, mais le dernier chapitre du dernier paragraphe me hérisse un peu le poil. (Que j’ai nombreux, par ailleurs! ;o)))
L’agriculture raisonnée n’est que l’agriculture chimique qui se donne bonne conscience et essaie d’emberlificoter le consommateur.
La certification bio, c’est tolérance zéro pour les intrants de synthèse. Le reste, c’est de la viti chimique. Qu’elle soit raisonnée ou pas.
Et vivement une législation sur la vinif, que les anti-bio arrêtent de dire: “Le vin bio, ça n’existe pas!” Ce qui est “légalement” juste, mais “pratiquement” faux. ;o)
Et puis, je me permet de compléter le tableau de Vinodis (Salut collègue!).
Il y a trois catégories de producteurs, en fait.
Ceux qui, comme le dit Vinodis, sont des purs et durs de la première heure. Des pionniers, qui ont le mérite d’exister, même si certaines erreurs ont été commises. Excès de bouillie bordelaise entrainant une saturation des sols en cuivre, par exemple.
Ceux qui viennent au bio parce qu’ils ont compris qu’ils rentreraient une vendange de meilleure qualité (mais limitée les mauvaises années) et qu’ils pourraient en tirer un vin qui serait une meilleure expression du terroir. C’est une décision courageuse car elle remet en cause des années de pratiques, souvent pluri-générationnelles, pratiques, qui plus est, souvent plus “confortables” en viticulture classique.
Enfin, il y a ceux qui profitent de la mode bio, n’ont aucune conviction, si ce n’est celle du porte-monnaie. Mais bon, l’essentiel est bien qu’on arrête de bousiller notre terre. Alors soyons tolérant. Mais vigilant, car s’il y a des “tricheurs”, c’est là qu’il faudra chercher.
Merci de votre attention et à votre disposition pour toute discussion.
11 August 2008 à 10:01 am
entièrement d’accord avec vous sur l’agriculture raisonnée qui n’offre aucun contrôle ni garantie. Cela étant je reste persuadé que certains producteurs en agriculture raisonnée font leur travail honnêtement et qu’il vaut mieux une agriculture raisonnée que rien du tout!
Concernant le vin sans sulfite et j’ai eu l’occasion d’en déguster et si l’expérience était enrichissante et étonnante c’est bien sûr une aberration d’imaginer que l’on puisse supprimer les sulfites dans le processus de vinification…
11 August 2008 à 10:21 am
faut pas être plus royaliste que le roy et saluer tous les efforts des petits producteurs qui essaient de faire du raisonné, petit à petit et avec leurs moyens. Leur conscience s’éveille, c’est un début et comme dit Damien c’est tout de même mieux que rien!
16 August 2008 à 6:13 pm
Certes, il faut un début à tout, c’est mieux que rien, Rome ne s’est pas faite en un jour, etc… Les poncifs ne manquent pas pour évoquer cette situation!..
Mais quand je lis “l’agriculture ultra raisonnée permet de ne pas pâtir de ces règlementations, et de pouvoir traiter en utilisant des produits chimiques en cas de force majeure.” Et “un label “agriculture ultra raisonnée” qui serait une espèce de label bio avec une marge de tolérance…” Je ne peux que redire qu’une fois pour toute, il faut choisir son camp. Royaliste ou républicain… (Et qu’on ne me réponde pas monarchie constitutionnelle!.. ;o))) Chimie ou bio. Point barre.
18 August 2008 à 5:16 pm
Bonjour à tous,
Traînant par hasard sur le blog, je suis tombée en arrêt sur cette phrase de Damien : “c’est bien sûr une aberration d’imaginer que l’on puisse supprimer les sulfites dans le processus de vinification…”
Je m’en étonne car de plus en plus de producteurs suppriment précisément toute addition de produits dans le processus de vinification. Certains continuent à sulfiter en quantité très raisonnées les grains, avant la cuve, mais si vous écoutez des producteurs proches de la Biodynamie, et s’en revendiquant ou pas (à ne pas confondre avec le bio !), la plupart vous dirons que l’essentiel du vin se passe à la vigne. Pour le reste, ce n’est qu’une question de temps et d’écoute, pas de produit ajoutés. J’ai eu le bonheur d’en rencontrer quelques uns, des fous furieux de leur terre, soucieux de son équilibre, et qui n’affichent aucun label, pouvant en remontrer à plus d’un viticulteur de la troisième catégorie décrite par IMBERDIS.
Dans les vins dits “nature”, il y a certes de tout, y compris des trucs imbuvables, des gazeux, des fermiers… Mais il y a aussi de grandes cuvées. Il faut aller à la rencontre des gens qui les font pour les découvrir, car ce n’est nullement indiqué sur l’étiquette, la mention “contains sulfites” ne signifiant pas qu’ils ont été ajoutés a posteriori. D’ailleurs cette mention est totalement grotesque, on ferait mieux d’indiquer “contains sulfites : N mg / litre”.
Il y a tant de diversité dans les philosophies de ces vignerons artisans qu’un nouveau label serait vain. Il existe déjà Demeter pour la biodynamie, mais qui ne concerne que la terre, pas la cuve (comme souvent le bio, d’ailleurs). Le mieux, si l’on peut, est de parler, de sentir, de comprendre et ensuite… – et surtout ! – d’avoir du plaisir ou pas !
En matière de raison et d’écoute du terroir, je vous recommande ce sublime bouquin : Une Promesse de vin, de Georges Bardawil. Un conte pour grands enfants, des personnalités hors du commun, et le souci de la mesure chez des personnages totalement déraisonnables.
17 September 2008 à 7:42 pm
Désolé de te contredire Silvia, mais il existe bel et bien une charte de vinif Demeter: http://www.bio-dynamie.org/programmes-en-format-PDF/demeter/cc-vinification-ed-2002.pdf
Tout comme il en existe à la FNIVAB ou chez Nature&Progrès… Qui toutes sont sujettes à certification et vérifications.
Mais aucune de ces chartes n’est reconnue “légalement” au niveau européen, contrairement à la charte “viticulture”.
Le parlement européen doit voter une loi pour la partie vinif début 2009. A suivre…
Mais comme tu dis, “Le mieux, si l’on peut, est de parler, de sentir, de comprendre et ensuite… – et surtout ! – d’avoir du plaisir ou pas !”
Et merci pour les références du bouquin. Je ne le connaissais pas.
30 September 2008 à 1:38 pm
Ne sois pas désolée IMBERDIS, au contraire c’est une bonne chose de se tromper dans le cas présent ! Mea culpa