Une langue électronique pour le vin
La technologie révolutionne de nombreux secteurs, et notamment le secteur du vin. Mais alors que les évolutions restaient plutôt cantonnées à l’élaboration du vin, elles touchent désormais à sa consommation. En effet, après la Clef Du Vin (co-inventée par Franck Thomas) qui permet d’évaluer le potentiel de vieillissement d’un vin de plusieurs années en seulement quelques secondes, voici maintenant venue la langue électronique !
Tout d’abord la langue électronique n’est pas une invention récente puisqu’elle est déjà utilisée dans l’agroalimentaire ou encore par les laboratoires pharmaceutiques pour évaluer le goût des médicaments. C’est une société française, Alpha MOS, qui est le leader mondial dans ce domaine. L’actualité des langues électroniques est d’ailleurs très riche puisqu’un centre de recherche de Saint Pétersbourg vient de présenter une nouvelle technologie dans ce domaine de la chimie analytique. Les chercheurs pétersbourgeois ont même remporté, face à Alpha MOS, un concours organisé par l’Université catholique de Louvain.
Ce n’est pas non plus la première fois que l’on évoque une éventuelle application du concept de langue électronique au domaine du vin. En 2002 était déjà apparue la « robotongue », invention du scientifique brésilien Antonio Riul. A y regarder de plus près la robotongue ressemblait plutôt à la réunion dans un même outil de capteurs existants et permettant de mesurer notamment le sucre et l’acidité. Bref rien de révolutionnaire malgré le nom très impressionnant.
La dernière application dans le monde du vin est due à Cecillia Jimenez-Jorquera de l’Institut Microélectronique de Barcelone. Cet outil est composé de 6 capteurs qui détectent les caractéristiques du vin telles que l’acidité, l’amertume, le degré d’alcool, déterminant ainsi l’âge du vin et le ou les cépages qui le composent. Pour les analyses simples cette langue électronique a vocation à remplacer les laboratoires. D’après ses inventeurs l’outil peut même être « entrainé » à reconnaître de nouveaux vins.
Cette invention paraît répondre à un besoin évident en terme de lutte contre la fraude et la contrefaçon. En effet, avec un tel outil nul besoin d’envoyer des échantillons au laboratoire, ce qui représente toujours des démarches longues et coûteuses. L’Institut Microélectronique de Barcelone annonce des tarifs abordables pour les particuliers compte tenu d’un coût de fabrication peu élevé.
Mais la machine est-elle capable de battre l’homme ? Pour le savoir il faudrait organiser une confrontation entre la langue électronique et les meilleurs dégustateurs du monde, sur le mode de celle qui a eu lieu entre le célèbre joueur d’échec Kasparov et l’ordinateur d’IBM “Deep Blue”. Franck Thomas, meilleur sommelier de France et d’Europe relèvera t-il le défi ?
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