Ce vin est-il un vrai ou une contrefaçon?
Si vous avez la chance pouvoir vous payer de vieux millésimes d’exception vous vous êtes sûrement posé cette question au moins une fois. Des chercheurs français du CNRS annoncent posséder une solution par le biais d’un accélérateur de particules…
Les faussaires aiment le vin
S’il est un domaine où la contrefaçon est véritablement tentante c’est celui du vin puisque y sont réunies trois conditions essentielles à la réussite de la contrefaçon: facilité à contrefaire, difficulté à vérifier la contrefaçon et prix élevé des objets contrefaits.
Même si des initiatives existent, comme celle de Petrus visant à rendre plus difficile la copie des étiquettes, il est aujourd’hui très difficile de s’assurer de l’authenticité d’un vin avant de l’avoir ouvert. Pour tous les vins dont la traçabilité laisse à désirer et qui sont trop vieux pour bénéficier des initiatives récentes en terme de lutte contre la contrefaçon il n’y avait donc jusqu’à maintenant pas grand chose à espérer.
Un accélérateur de particules, rien que ça…
A la demande d’un société londonienne, The Antique Wine Company, spécialisée dans le commerce de vieux millésimes, des chercheurs du CNRS ont prouvé qu’il était possible de dater un vin à partir de sa radioactivité, émise par les les atomes de césium 137 contenus dans le vin. On trouve du césium 137 dans les vins produits après 1950 mais pas avant, le césium 137 étant un produit généré par les essais nucléaires…
Les chercheurs se sont concentrés sur l’étude du verre des bouteilles pour les millésimes antérieurs à 1950. Pour cela un accélérateur de particules émet un faisceau d’ions vers la bouteille et les chercheurs étudient les rayons X résultant de l’opération. On obtiendrait ainsi une signature du verre que l’on pourrait comparer à d’autres bouteilles, déjà authentifiées, et provenant de la même région et de la même époque. Si la comparaison n’est pas concluante alors le vin serait un faux. Pour l’instant les vins authentifiées sont au nombre de 80 et il s’agit de grands crus bordelais du 19ème siècle.
Qu’importe le nectar pourvu qu’on ait le flacon
Le système n’authentifie pas les vins mais plutôt les bouteilles. Il suffirait donc de récupérer la bouteille d’un très vieux millésime pour aboutir à une contrefaçon authentifiée par l’accélérateur de particules. La contrefaçon parfaite fera t-elle des ravages? Au fond pas vraiment puisque ces bouteilles ne sont et ne seront jamais bues sauf à de très rares exceptions…




3 September 2008 à 1:16 pm
euh en fait ça sert à quoi de s’acheté des vieux vins? Comme dit Damien ils seront jamais bus et de toute façon je pense qu’ils sont même plus buvables. Imaginez des gens qui conservent des boites de caviar, non ouvertes,des années 1920, sympa non? Voilà le vin c’est fait pour être bu un jour, même dans longtemps, même par tes enfants mais quand même bu un jour!
3 September 2008 à 1:47 pm
Il est courant d’offrir des journaux du jour de sa naissance => Pourquoi pas des bouteilles de l’année de sa naissance ?
Maintenant, je suis entièrement d’accord avec vous qu’une bouteille se doit d’être bue … tant qu’elle est encore bonne et je pousserai le vice un peu plus loin : peu de vins développent encore quelque chose de “potable” après 10-15 ans => Pourquoi s’obstiner à les conserver ? Faites-vous plaisir dès la période de maturation atteinte !
3 September 2008 à 5:35 pm
“On trouve du césium 137 dans les vins produits après 1950 mais pas avant, le césium 137 étant un produit généré par les essais nucléaires…”
Oh ben merde… Comme quoi la terre nous garde longtemps rancune de nos bêtises…
5 September 2008 à 11:23 am
ça veut dire que dans tous les produits de la terre il y a des retombées des essais nucléaires? Pourtant la Sibérie et l’algérie (sans parler de muroroa) sont pas tous prêts de bordeaux quand même!!