Présence de métaux lourds dans le vin
Une récente étude britannique établit un classement des pays producteurs de vin en fonction de la quantité de métaux lourds présents dans les vins en question. Qu’en est-il ? Faut-il s’en inquiéter ?
Principales conclusions de l’étude
Les métaux en question, cuivre, manganèse et vanadium en tête, sont nocifs pour l’homme, à forte dose. Ils sont impliqués dans le développement de maladies telles que la maladie de Parkinson, ou peuvent entraîner des troubles inflammatoires chroniques, selon les chercheurs à l’origine de cette étude. Ils proviennent des sols, des produits de traitement de la vigne, ou encore du stockage du vin.
Cependant, les effets de ces métaux lourds sur l’organisme, et leur même effet, quand ils sont ingérés par le biais de vin, sont à distinguer. Selon d’autres chercheurs, en effet, une substance que l’on trouve dans le vin envelopperait ces métaux, et les isolerait de l’organisme. Quoi qu’il en soit, au vu des quantités en question, le risque est plus grand de développer une maladie du foie, qu’une maladie liée à ces métaux.
L’autre conclusion, peut-être plus intéressante, est le classement, la comparaison de divers pays sur ce plan (qui permet de mettre en relief des différences en terme de contamination de l’environnement). La France n’est pas en bonne position, mais ne fait pas “pire” que l’Europe de l’Est (Hongrie et Slovaquie). En revanche, les vins d’Argentine, du Brésil et d’Italie ont des concentrations très basses.
Les conséquences
Rien ne sert de tirer la sonnette d’alarme cela dit. S’il est fait comparaison entre plusieurs pays, il n’y a pas de comparaison de faite avec d’autres produits alimentaires, dans cette étude, et une intoxication au cuivre à la suite d’une dégustation est de l’ordre de l’improbable.
L’Agence française de sécurité sanitaire des aliments va tout de même se pencher sur le sujet. Une étude similaire avait déjà été réalisée, et indiquait qu’aucun risque sanitaire n’existait, mais une seconde étude permettrait peut-être d’identifier plus clairement la source de ces métaux lourds, et faire en sorte que leur concentration soit limitée.
On notera aussi, d’un autre côté, l’inquiétude de certains membres du gouvernement sur le danger de certains produits pour certains publics, et notamment pour les femmes enceintes, avec l’apparition probable d’un nouveau logo les prévenant du danger… des produits cosmétiques. Ca sera l’occasion de vérifier si le lobby des cosmétiques est plus efficace que le fantomatique (mais très fantasmé) lobby du vin évoqué par les partisans de l’interdiction du vin sur Internet. Pour une fois que le vin n’est pas en cause!
Tags: danger, métaux lourds, toxicité du vin



3 December 2008 à 4:28 pm
ça fait les choux gras de hygénistes. C’est comme si on disait “je mange pas de fruits et légumes à cause des pesticides (hihihi!!)” C’est débile! Bienvenu en France!
3 December 2008 à 5:05 pm
Pour être d’une certaine façon dans les “arcanes du pouvoir” autour de l’affaire de la réforme de la loi Evin, je peux confirmer que le lobby du vin est bel et bien fantomatique et fantasmé. Hélas, puis ce n’est pas pour autant le règne du bon sens vu que le lobby de la santé est, lui, très réel et très bien financé. A quand un article sur ce sujet?
4 December 2008 à 10:29 am
LE MALADE MOURRA GUERI!!
5 December 2008 à 10:11 am
ils ont pas mieux à faire niveau recherches? c’est super tout ca mais en attendant il ya des maladies plus graves à traiter …
21 December 2008 à 11:20 pm
voici notre modeste contribution à ce débat :
La vérité sur les métaux lourds dans le vin
” Selon une étude* largement reprise par les médias et sur Internet, les vins français seraient contaminés par des métaux lourds. Or, en y regardant d’un peu plus près, il s’avère que cette étude est loin d’être fiable. Des membres de l’association “Les 4 vérités sur le vin” ont mené l’enquête.”
Un certain nombre de commentateurs en ont profité pour laisser entendre ou simplement écrit que les bienfaits sur la santé d’une consommation modérée de vin étaient donc annulés par cette contamination.
Notre groupe Les 4 vérités sur le vin a été alerté par plusieurs bizarreries dans cette étude et a voulu en savoir plus.
Fidèle à notre méthode, nous avons voulu savoir si cette étude avait été publiée dans une revue scientifique répondant à nos critères d’Impact Factor (IF) de 5 000 et faisait partie des 10 premières revues dans sa spécialité ; or cette revue, qui ne publie qu’en ligne, n’est pas encore classée, elle est sans Impact Factor car créée en 2007.
Comme l’étude est en fait une méta-analyse (étude de plusieurs autres études), nous sommes allés voir comment étaient classées les études qui ont servi de base de recherche.
Pour faire simple nous nous sommes contentés d’étudier les trois études qui scrutaient les vins français.
Aucune de ces études n’avait été publiée dans une revue avec un Impact Factor d’au moins 5000 et aucune ne faisait partie du premier décile.
Malgré tout, nous avons continué à chercher en nous disant qu’il fallait tout de même voir comment avaient été faites ces études et quels étaient leurs résultats.
Nous avons été très surpris de voir qu’une des deux études qui parlait de vins non effervescents (aussi appelé tranquilles dans le jargon de la profession), l’étude slovaque, avait établi ses conclusions sur 3 vins blancs achetés dans un magasin à Bratislava : on ne pourra pas dire qu’il s’agisse d’un échantillon représentatif de la production viticole française.
La deuxième étude, espagnole celle-ci, avait étudié les effervescents espagnols et français, et la méthode utilisée ainsi que l’instrument de mesure portent fortement à caution.
La troisième étude est une étude portugaise où les vins français tranquilles étudiés et contaminés au plomb avaient été produits avant 1992, date à laquelle les capsules de bouchage au plomb ont été interdites justement à cause de ce risque même, les chercheurs portugais s’excusant d’utiliser de si vieilles analyses
Conclusion 1 : au final, toutes nos craintes se sont avérées fondées : cette étude sur les métaux, en plus du parti pris de ne prendre que les vins de l’ancien monde (aucun vin des USA, Australie, Afrique du Sud ou Argentine !) n’est vraiment pas réalisée avec un protocole sérieux et les conclusions sont tout sauf fiables.
Conclusion 2 : les organes de presse anglo-saxons n’ont rien gagné à diffuser une information si peu fiable, quant aux organes de presse et blogs français ils n’ont pas brillé par leur prudence (une étude qui stigmatise seulement les vins de l’ancien monde ça ne vous parait pas curieux, Mesdames et Messieurs les journalistes ?)
Conclusion 3 : il serait temps de l’avouer : une étude dite scientifique peut tout à fait manquer de sérieux voire être de parti pris, il serait judicieux d’adopter une grille de hiérarchisation des études, le groupe Les 4 vérités sur le vin en propose une pour tout ce qui peut avoir une relation avec la santé humaine : publication dans une revue avec IF de 5 000 au moins et qui figure dans le 1er décile de sa spécialité ; autant être très exigeant quand il s’agit de santé humaine.
Conclusion 4 : le thème santé est repris par tous les groupes français de l’agro-alimentaire (en particulier les groupes laitiers), sauf par ceux qui veillent sur la réussite de la filière vin bien sûr. C’est dommage pour la viticulture qui a pourtant là un support de communication de très grande qualité.
Conclusion 5 : nous aurions été bien inspirés de consulter les spécialistes mondiaux des aspects vin et santé (Curtis Ellison, Serge Renaud, Dominique Lanzmann et Joël de Leiris) au lieu de laisser la rumeur enfler sur les vins français, si vous voulez avoir une idée de celle ci : faites une recherche Google ou Yahoo avec les mots clés suivants : vins français+ métaux lourds . Le bruit fait autour de cette étude est vraiment dommageable pour les vignerons français.
Conclusion 6 : on peut continuer à consommer de façon modérée du vin français et profiter de ses bienfaits sur la santé ! Nous vous invitons à consulter nos cahiers et notre blog pour avoir plus de précisions sur ce dernier point http://web.mac.com/quatreverites
Fabrice Delorme
président de l’association les 4 vérités sur le vin
http://web.mac.com/quatreverites
le 18 décembre 2008
* Référence de l’étude : Naughton DP, Petroczi A. Ions de métaux lourds dans le vin : une méta-analyse de quotients de risque ciblés révèle des risques pour la santé. Chemistry Central Journal 2008
5 January 2009 à 10:02 am
Fabrice,
votre contribution est très intéressante, merci beaucoup. Dommage que votre travail d’enquête, que les journalistes se sont dispensés de faire, n’ait pas été repris par ces derniers.