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Archive pour March 2009

Lettres d’Amérique # 5 : un américain qui achète du vin

Tuesday 31 March 2009

En examinant le réseau de distribution du vin aux États-Unis, on constate que la majorité des ventes est effectuée dans les supermarchés. Il semblait donc logique de se rendre dans un tel endroit, et de voir de quelle manière le vin y était vendu et présenté, afin de savoir s’il y a des différences avec l’Europe. Verdict : il y a une différence, et de taille.

supermarche.jpg

Dans un supermarché européen, le rayon vin est organisé en fonction des pays et régions d’origine. Cela semble tellement évident que personne n’y prête attention. Le consommateur européen a dans l’esprit que le vin doit être rangé selon sa provenance, que c’est là le trait caractéristique d’un vin, qui le définit en premier lieu.

Visite d’un supermarché américain

Aux États-Unis, c’est loin d’être le cas. En effet, le rayon est organisé par cépages. Il faut savoir que la plupart des vins sont monocépages, et qu’il est très rare d’en trouver qui soient assemblés au point que le cépage dominant soit présent à moins de 85% (c’est à partir de cette proportion que l’on peut officiellement nommer une cuvée par son cépage dominant aux États-Unis). C’est là le premier critère de définition d’un vin, bien avant sa provenance. Lire le reste de cet article »

Vin et cancer : qui croire ?

Friday 27 March 2009

Il y a la tradition et puis il y a la science. Quelles sont les conséquences de la consommation de vin sur notre santé ? La grande médiatisation de certaines études dédiées à ce sujet nous laisse à la fois perplexes et inquiets.

De nouvelles études sur le lien entre vin et cancer

Une étude de l’Institut National du Cancer (Inca), dont les résultats sont parus il y a plus d’un an déjà mais qui a été opportunément ressortie pendant les débats autour de l’adaptation de la loi Evin à Internet, ainsi qu’une autre (récente celle-ci) de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni s’accordent pour conclure que la consommation de vin est cancérigène. Selon l’Inca, les risques commencent dès le premier verre. Encore une conclusion qu’on peut opposer au “French paradox” qui désigne l’apparente contradiction entre les pratiques alimentaires des français et leur santé. La diète typique du Sud Ouest est en effet globalement riche en matières grasses et en vin, voire en boissons alcoolisées, alors que la santé globale est bonne. Le taux d’infarctus est de seulement 80 pour 100.000 par an, soit quatre fois moins qu’aux Etats-Unis et l’espérance de vie est de dix ans plus élevée que dans le Nord de la France. Des études antérieures avaient émis l’hypothèse que la consommation de vin rouge à dose raisonnable (un ou deux verres par jour) prévenait le développement des maladies cardio-vasculaires ainsi que certains cancers. Qui écouter alors ? La publication d’une nouvelle grande étude française à ce sujet, la cohorte Color, nous permet de faire le point.

Vin et cancer

La cohorte Color

Cette étude analyse les liens qui existent entre consommation de boissons alcoolisées (vin, bière, alcools forts) et mortalité par différents types de cancers sur une cohorte de 100.000 personnes (du Nord Est de la France) suivies pendant 25 ans. Si l’alcool en général est bien un facteur de risque pour de nombreux cancers, la consommation modérée de vin rouge protège contre un certain nombre d’entre eux. L’analyse de la cohorte montre en effet qu’une consommation modérée d’alcool, plus particulièrement de vin, est associée avec une réduction de 40% de la mortalité cardio-vasculaire chez l’homme d’âge moyen. De la même manière le vin (et seul le vin parmi les boissons alcoolisées), consommé à la dose d’un à trois verres par jour chez l’homme est associé avec une baisse de 20% de la mortalité par cancers.

Parmi les facteurs de risque de mortalité par cancers, on trouve un niveau d’éducation bas, une tension artérielle élevée, un taux de cholestérol bas, le tabagisme, la sédentarité et le fait de ne consommer que très peu d’eau. Alors que plus la consommation d’alcool est élevée, plus le risque de mortalité par cancers augmente, la préférence pour le vin, et ce quelle que soit la dose d’alcool, est associée avec un risque significativement plus bas de mortalité par cancers (du poumon, du tube digestif, de la bouche et du pharynx). S’il existe un point sur lequel les études de Lire le reste de cet article »

Trinquez à la liberté avec la cuvée Hadopi !

Wednesday 25 March 2009

Le projet de loi “Création et Internet” promu par Denis Oliviennes, ex-PDG de la FNAC et actuel directeur de la publication du Nouvel Obs, n’a pas bonne presse ! Rien d’étonnant puisqu’il vise à la création d’une “Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des Droits sur Internet” (Hadopi) destinée à lutter contre le téléchargement illicite sur le web. Elle prévoit l’instauration d’une “riposte graduée” contre les fraudeurs allant jusqu’à la suspension de l’accès à Internet, qu’on peut qualifier de “mort sociale électronique”. On imagine donc mal les internautes français enthousiasmés par la création d’une “haute autorité” surveillant leurs errances dans le monde numérique. La “loi Hadopi” défend cela dit une idée très louable : le développement de l’offre culturelle légale sur Internet.

Une fois de plus et comme ce fût le cas concernant les interminables débats au sujet de la publicité pour l’alcool, ce n’est pas le fond qui est critiqué mais bien la solution proposée. La promotion de la culture sur Internet, oui ; une lentille supplémentaire à la loupe de Big Brother, non. C’est pourquoi un grand nombre d’opposants se mobilisent pour sauvegarder ce qui reste de liberté sur la toile : associations d’internautes, de citoyens, députés européens et français, avocats. Le Magazine SVM (nouvelles technologies, tendances numériques, culture web) a lancé une pétition. L’idée la plus originale pour lutter contre ce projet de loi ne vient cependant pas forcément d’où on l’attendait ! Sur le site Internet du domaine Bérénas (Languedoc Roussillon) on peut en effet lire : “Chacun a une bonne raison de s’opposer à la loi Hadopi…et de le faire savoir autour de lui. Parlez-en autour de vous et trinquez à la liberté avant que la liberté ne trinque”.

Trinquez à la liberté avec la cuvée Hadopi !

Le vigneron du domaine Bérénas propose en effet une “cuvée Hadopi” à 8€ en série limitée à 1 000 bouteilles, qui se décline en vin blanc (Chardonnay, Sauvignon) et en vin rouge (Cabernet Sauvignon, Carignan). L’ensemble des profits réalisés grâce à cette cuvée iront au collectif “La Quadrature du Net” qui réalise un important travail de sensibilisation des citoyens au sujet de la remise en cause de la liberté sur Internet. On ne peut s’empêcher de faire le parallèle avec le statut déplorable du vin sur le web et dont on a abondamment parlé en début d’année dans le cadre de la Loi Hôpital Patien Santé Territoire. Il s’agit donc d’une belle revanche et d’un subtil clin d’œil aux détracteurs de la filière vin.

Le domaine Bérénas se paye au passage un coup de pub très réussi. Cette opération marketing a en effet été particulièrement bien pensée : elle se fonde sur une actualité brûlante, utilise un humour bon enfant, s’adresse à un large public et y associe un produit de qualité pour un prix raisonnable, le tout pour la bonne cause. Reste à espérer  pour le domaine Bérénas que cette opération ne sera pas qu’un “effet de mode” et qu’ils sauront transformer l’essai en augmentant durablement leur notoriété.

Vin et histoire # 6: Henri IV (1553-1610), roi du vin

Monday 23 March 2009

Sans doute aucun roi de France n’a apprécié le vin et sa diversité autant que ne l’a fait Henri IV. Il est alors logique de lui décerner le titre de roi du vin et de lui consacrer ces lignes.

Henri IV, né Henri de Bourbon, fut roi de Navarre puis roi de France (1589-1610), premier souverain français de la branche dite de Bourbon de la dynastie capétienne.
Avant d’être couronné roi de France, il fut d’abord lourdement impliqué dans les guerres de religion en tant que prince de sang et chef protestant.
Il fit en fait au cours de sa vie des allers-retours entre les confessions catholique et protestante tout comme entre sa terre natale, la Guyenne, son château de Nérac, et Paris. A la mort d’Henri III, dernier roi Valois, en vertu de la loi salique et en tant que descendant de Louis IX, il fut le successeur naturel au trône. Après moult négociations et sa conversion définitive au catholicisme, il fut couronné roi de France à Chartres en 1593. En 1598, Il signa l’Édit de Nantes, le premier traité de paix autorisant la liberté de culte pour les protestants, qui mit fin pendant deux décennies aux guerres de religion.
S’ensuivit alors une période de paix et de reconstruction qui permit de renflouer les caisses. Fragilisé à la fin de sa vie par de nouvelles tensions entre protestants et catholiques, il mourut assassiné le 14 mai 1610 par un fanatique, François Ravaillac.

Henri IV

Henri IV et le vin
« Paris vaut bien une messe » aurait prononcé Henri IV lors de sa conversion au catholicisme. Si la foi du futur roi était incertaine, il n’a jamais rechigné sur le vin accompagnant la messe. Cette attitude avait sans doute pour origine son baptême car, selon la légende, il aurait été baptisé avec une gousse d’ail et une goutte de vin de Jurançon. C’était plus généralement un amoureux de la vie, multipliant les conquêtes féminines, menant grand train de vie et mangeant à foison; il fit même de la poule au pot le plat national.
Henri IV célébra alors de nombreux vins, avec parfois des arrière-pensées politiques. A noter toutefois une préférence pour les vins blancs.

La cave d’Henri IV

Jurançon
Le grand-père du futur Henri IV, Henri II de Navarre, acheta des vignes en 1552 près du château de Lire le reste de cet article »

L’année 2008, le commerce et le transport du vin

Friday 20 March 2009

En début d’année, l’heure est souvent aux bilans, la connaissance et la compréhension du passé étant un atout pour mieux anticiper l’avenir. Voici donc un petit résumé des tendances de l’année 2008, du point de vue du commerce et du transport, même si elles ne sont en rien des prédictions pour 2009.

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Augmentation des ventes
Malgré une fin d’année difficile, 2008 a encore vu une augmentation des ventes de vin, tant en volume qu’en valeur, à l’échelle mondiale. Ce sont 91 millions d’hectolitres qui ont été exportés au niveau mondial. Depuis une dizaine d’années, la consommation mondiale de vin augmente moyenne d’1,9 million d’hectolitres par an pour atteindre un niveau qui se situe entre 240,1 et 246,9 millions d’hectolitres en 2008.

Cette augmentation ne vient pas tant d’Europe que du reste du monde, l’Amérique et l’Asie principalement. Ce fort potentiel d’expansion d’un marché mondial qui représente 150 milliards d’euros (selon le cabinet d’études IWSR) aiguise bien sûr les appétits. Dans ces pays, on constate déjà une bataille pour la conquête de nouvelle parts de marché dont les enjeux stratégiques sont la séduction des nouveaux consommateurs et l’amélioration de la compétitivité. Certains pays, comme l’Espagne, ont même défini un plan stratégique national dans l’objectif de devenir leader mondial. On peut donc s’attendre à une nouvelle géo-économie du vin dans les années à venir même si le marché du vin en Asie reste pour l’instant peu développé et si la consommation du vin montre un profil bien différent de ce que l’on voit en Europe où, par exemple, le vin est fortement associé à l’accompagnement des repas.

Les coûts de transport
Si chaque domaine fixe ses prix comme il l’entend, la question des coûts de transport reste importante, surtout à l’échelle mondiale. L’année 2008 a été marquée par l’envolée des prix du pétrole et une hausse généralisée des coûts. La crise pétrolière n’a en effet jamais été aussi intense qu’en 2008 : sur les dix premiers mois de l’année le prix du pétrole a augmenté en moyenne de 49,7% par rapport à 2007, en contraste avec la hausse de 20,1% en 2006 sur la même période. Au même titre que la hausse du prix du baril, la parité Euro/Dollar constitue une autre donnée à prendre en considération dans l’augmentation des coûts de transport. En moyenne annuelle, l’Euro s’est échangé à 1,26 USD en 2006, 1,37 USD en 2007 et 1,50 USD en 2008. Depuis novembre 2008, l’Euro/Dollar est repassée en dessous de 1,30 USD pour 1 EUR et se situe actuellement aux alentours de 1,26 USD, ce qui devrait permettre de stabiliser les coûts. Dès janvier 2008, la pression à la hausse des coûts de transport s’est faite ressentir. Selon les chiffres de la Fédération Nationale des Transports Routiers, l’augmentation des coûts de revient entre janvier et juin pour le secteur du transport Longue Distance s’élève à 10,2% sous l’effet conjugué de la hausse du prix du gazole (+22,6%), des péages (+17,9%) et de la réévaluation des rémunérations (+4,8%). Ces surcoûts se répercutent naturellement sur les prix à la consommation.

Pour 2009, les prévisions sont plutôt rassurantes. Les coûts de transport routier longue distance progresseraient de 3,5% par rapport à 2008 pour les prestataires français. Cette année 2009 marquera aussi le 1er mai l’ouverture du marché du cabotage aux entreprises pour les sept états membres entrés dans l’Union européenne en 2004 (Pologne, Hongrie, République Tchèque, Slovaquie, Estonie, Lettonie, Lituanie). Cet ouverture devrait entrainer une pression à la baisse sur les prix de ce mode de transport.

L'importance du transport
Hormis la question du coût, le transport reste un point essentiel dans la vente de vin, que ce soit d'un domaine au consommateur, d'un domaine au distributeur, ou encore du distributeur au consommateur. Le phénomène fonctionne dans les deux sens : un client livré à temps sera satisfait, et aura une bonne image du fournisseur, mais une livraison en retard aura un fort impact négatif pour le fournisseur. Certaines entreprises souffrent actuellement d'un grave déficit d'image lié à cette problématique, déficit qui se répercute logiquement sur leurs ventes.

Le problème posé, par exemple, par la piraterie dans le golfe d'Aden concerne les exportateurs de vins au même titre que les industriels. Pire encore car la perte d'une bouteilles entraîne une perte "irremplaçable", en tout cas pas avant l'année suivante. Pour un grand pays exportateur de vin comme la France, la question de l'amélioration du transport est primordiale et nous verrons certainement dans les années qui viennet l'apparition de nouvelles méthodes ou techniques dans ce domaine. Il s'agit d'améliorer les délais de livraison, de les respecter et d'assurer la préservation de la qualité du produit durant le transport.

De plus en plus de start-up
Il convient enfin de noter que le monde du vin attire les créateurs d'entreprise. Que ce soit dans la distribution, l'information, sur Internet ou dans les vignobles, un très grand nombre d'entreprises se créent. Parallèlement, de nouvelles régions viticoles se développent et se structurent. On constate un effort grandissant de la part des vignerons et des distributeurs pour créer des marques, se faire connaître et cibler les acheteurs par des positionnements bien spécifiques et des campagnes de marketing de plus en plus fréquentes.

Les acteurs du marché français semblent tirer les leçons des attaques émises par les vins du nouveau monde ou encore venant d'Espagne : on peut être fier de son vignoble et lui reconnaître toutes les qualités du monde, pour faire des ventes il faut séduire le client, le connaître, le cajoler et anticiper sur ses besoins. La France s'est trop longtemps reposée sur une position de leader, sur une tradition, sur l'inestimable qualité de son terroir, sans véritablement porter d'attention aux consommateurs de vin et à la mondialisation du marché. Cet égocentrisme nous a porté préjudice et est en partie responsable des décevants résultats du secteur vitivinicole français.  Le développement d'une logique business ne peut être que saluée. Se doter d'un sens des affaires ne signifie pas abandonner les traditions, comme le jugent certains. Au contraire, il s'agit d'embrasser ce savoir-faire et de le mettre au service du client.

De manière générale, on peut dire que les "managers" font leur entrée dans le secteur des vins. Il existe aujourd'hui de plus en plus de formations spécialisées sur le commerce du vin et accessibles à différents niveaux d'études. Les universités, écoles d'ingénieurs et les écoles de commerce jouent en effet un grand rôle dans la professionnalisation de ce secteur et à son ouverture à l'international, un aspect devenu indispensable. Le vin n'est donc plus une affaire d'initiés exclusivement. Cette nécessaire ouverture arrive à point nommé et devrait permettre au secteur de renouer avec des performances de croissance dignes.

Simples remarques sur 2008 ou tendances pour 2009, l'année à venir le dira. Et vous, comment voyez-vous évoluer le monde du vin en 2009 ?


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