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Exemples :beaucastel blanc 2003, sauternes, chardonnay ...

Archive pour May 2009

Vins de bordeaux : de crus en questions

Monday 25 May 2009

 Week-end des grands amateurs bordeaux

Le 16 mai se tenait à l’initiative de l’Union des Grands Crus de Bordeaux le Week-End des Grands Amateurs.C’était une occasion unique de déguster près de 100 grands crus classés parmi lesquels, en vrac (sans mauvais jeu de mots) : Pape Clément, Angélus, Clinet, Lafitte Rothschild, Climens, etc…

Quelques mots sur les vins…

Les émotions de dégustation étaient là et beaucoup de producteurs proposaient des millésimes “buvables” (entre 5 et 12 ans d’âge) en plus du 2006 qui constituait la figure imposée.

Naturellement, les grands rouges étaient grands, les grands blancs ne l’étaient pas moins mais ce n’était pas les têtes d’affiches qui m’ont le plus séduites… (peut-être aussi parce que si j’aime les grands vins, je ne parviens pas pour autant à m’affranchir de la question du rapport qualité-prix).

J’ai ainsi été particulièrement marqué par le Château Sigalas Rabaud 2001 (Sauternes), un vin d’une grande complexité et d’un bel équilibre pour une fraction du prix d’un Climens ou d’un Yquem ainsi que par le Château de Fargues 2002 (Sauternes), une explosion de fruit, une très belle vivacité, le meilleur sauternes que j’ai gouté sur le salon.

Château Troplong Mondot 2004 rouge

En rouge, mon coup de coeur va à Troplong Mondot pour son millésime 2004. Doté d’une engageante robe rubis sombre, il révèle des notes de fruits noirs et de fumée au nez. En bouche, on y retrouve une association complexe mais plaisante de cassis, mûres, cerises, tabac, chocolat ainsi qu’un arrière goût graphité qui m’a rappelé un Ducru Beaucaillou du même millésime. Globalement, le Cabernet Franc s’y exprime avec panache et élégance. La profondeur est là, la concentration aussi. Les tanins sont d’une grande finesse et s’ils sont déjà presque agréables, ils confirment que ce vin est bel et bien fait pour la garde. J’ai eu l’occasion de constater que les critiques professionnels n’étaient pas aussi conquis que je l’ai été et tant mieux ai-je envie de dire : j’ai trouvé ma perle à un budget pas si déraisonnable (une quarantaine d’euros)…

Mise en perspective : les questions à creuser

Si vous nous lisez régulièrement,  vous le savez déjà : nous aimons le vin plus que tout mais nous l’abordons ici par un angle plus général que la simple dégustation.

Et de ce point de vue, cet événement de l’Union des Grands Crus de Bordeaux n’est pas inintéressant car il contribue à nourrir une réflexion sur les problèmes que rencontre aujourd’hui la majorité des vins de la région de Bordeaux…

En effet pour 1% de producteurs de grands crus dont les vins sont pricés de sorte à répondre à une demande mondiale existante mais pas si prévisible qu’il n’y paraît (les fluctuations de prix importantes sont une des marques de fabrique des grands vins de bordeaux…), la majorité invisible (et silencieuse à ce jour) des producteurs bordelais érpouve des difficultés pour produire et écouler des vins ciselés, des “vins joyaux” a-t-on envie de dire, car le marché semble ne vouloir de bordeaux que des grands crus (trop rares) et des vins relativement bon marchés mais profitables de par l’image que leur confère le label “Bordeaux”, notamment à l’étranger.

Ce phénomène et les intuitions qui l’accompagnent méritent une analyse plus poussée, que nous ne manquerons pas de mener dans de prochains articles.

Lettres d’Amérique #6 : les oiseaux et l’alcool

Friday 15 May 2009

L’alcool fait des ravages chez les humains, mais aussi chez nos amis les animaux, qu’on se le dise. C’est donc la suite de notre visite de la Californie, avec un passage par le domaine Viansa, dans la Sonoma Valley (à l’ouest de la Napa Valley), un domaine dont le propriétaire a une affection toute particulière pour les oiseaux.

viansa-reserve.jpg

Il a donc décidé de leur offrir un espace où ils pourraient vivre en paix, où ils ne seraient pas chassés, et cette réserve de quelques hectares se situe juste à côté d’une partie des vignobles du domaine. Vous pouvez voir la réserve au premier plan de la photo ci-dessus, et à la gauche des quelques vignes que l’on aperçoit au pied du domaine.

Or, les oiseaux aiment le raisin.

En septembre, à la fin des vendanges, il se produit donc un phénomène assez particulier. Lire le reste de cet article »

Vins contrefaits : vous êtes faits !

Monday 11 May 2009

Comme nous l’avions mentionné dans un précédent article, la contrefaçon n’a pas épargné le secteur des vins. Il semble même que les contrefacteurs y voient un terrain propice à la diversification de leurs activités.
Les réseaux mafieux ne sont d’ailleurs en aucun cas les seules forces en présence puisqu’on constate une certaine démocratisation de la fraude. Il faut bien admettre que les sites d’enchère en ligne, qui souffrent tout autant que la filière vin de cette perte de crédibilité, rendent la vente de faux “grands crus” plus accessible. En septembre dernier, un couple d’ardéchois a été condamné à huit mois de prison avec sursis et au versement de 13 101€ de dommages et intérêts suite à la vente de quelques 200 fausses bouteilles Châteauneufs-du-Pape. La simplicité des méthodes employées par les escrocs pour monter cette entreprise inquiètent aussi bien les amateurs de vin que les producteurs.

Chaque année, la contrefaçon ferait perdre 200 millions d’euros à la filière vins et spiritueux française, une tendance qu’il semble urgent d’inverser compte tenu de l’évolution rapide des techniques de falsification et la croissance du nombre de contrefacteurs. Plus inquiétant encore, certains vins contrefaits comportent des éléments chimiques de nature à altérer la santé des consommateurs. En 2007 déjà, le député de la Marne Philippe-Armand Martin avait demandé à ce que des mesures soient prises par le gouvernement pour lutter contre ce problème avec comme ligne directrice les propositions mentionnées dans le rapport de l’Imprimerie Nationale relatif à la contrefaçon des vins.

Aujourd’hui, où en est-on dans la lutte face aux contrefacteurs ?

Les vins contrefaits sont faits !

Le secteur se dote d’un armada high-tech contre les fraudeurs

Vous avez certainement entendu parlé du LHC, le plus grand accélérateur de particules au monde mis en route le mercredi 10 septembre 2008 à Genève. Pour ceux qui en doutaient, nous lui avons trouvé une utilité pratique ! Il exploite en effet une technologie similaire à celle développée par le CNRS et qui fournit une méthode de datation des bouteilles de vin en les soumettant à un faisceau d’ions. Une innovation qui permet de vérifier aussi bien l’ancienneté des bouteilles que leur provenance et donc d’authentifier le cru. Intéressant donc.

Oui mais voilà, certains fraudeurs peuvent se procurer, via ebay ou tout simplement par le vol, des échantillons de bouteilles originaux et remplir de piquette le flacon “grand cru”. Conscients du risque, certains domaines se dotent d’un moule de bouteille original pour leurs vins les plus prestigieux. Contrefaire une étiquette, c’est une chose, contrefaire une bouteille en est une autre : coût estimé 350 000€.

Vous connaissez peut être le dicton anglais “every cloud has a silver lining”. Il semblerait que les vignerons aient trouvé le “silver lining” (le côté “positif” s’il en est) des essais nucléaires menés par l’homme dans les années 50 et de l’accident de la centrale de Tchernobyl. Un procédé utilise en effet le nucléaire (plus précisément le Césium 137, un élément radioactif artificiellement créé par ces événements) absorbé par les vignes pour déterminer la datation du vin. Une idée utile pour déterminer l’authenticité des vins. Cela dit, le problème reste posé pour les vins datant d’avant les années 50.

Une autre méthode utilisée par la Répression des fraudes permet de mettre en évidence la chaptalisation (ajout de sucre) ou encore l’origine géographique du vin. Le spectromètre à résonance nucléaire analyse d’une part la quantité de carbone et d’hydrogène contenu dans le vin, ce qui permet de savoir si le sucre provient du raisin ou s’il a été ajouté a posteriori. Dans un deuxième temps, l’analyse se fonde sur l’isotope oxygène 18 pour déterminer l’origine géographique du vin. Les caractéristiques de l’eau présente dans le vin dépendent en effet des conditions climatiques dans lesquelles les raisins ont été cultivés.

Pour les aficionados de gadgets originaux, l’institut de microélectronique de Barcelone a mis au point une “langue électronique” capable de détecter quatre cépages différents : le chardonnay, le malvoisie, l’airén et le macabeu. Cet outil transportable peut détecter l’ajout de 20% d’un autre cépage dans une bouteille. Elle serait également capable de reconnaître les millésimes 2005 et 2007. Une innovation qui fait sourire les œnologues mais qui pourrait bien séduire les éternels suspicieux.

Plus largement, de plus en plus de châteaux font en sorte de pouvoir suivre leurs bouteilles en numérotant les étiquettes ou en y faisant figurer un logo en filigrane. Ces techniques permettent au consommateur averti d’identifier le domaine d’origine de la bouteille et de distinguer le vrai du faux.

Les bienfaits d’un système mi-préventif, mi-répressif

Hologrammes, spray ADN, codes barres, cryptogrammes sont des outils génériques mais efficaces pour se protéger les attaques de contrefacteurs. Il s’agit certes davantage d’une politique de dissuasion que d’une réelle solution au problème mais ils ont l’avantage de rendre la contrefaçon plus coûteuse à réaliser. Face ce type de fraude la sensibilisation du consommateur, la surveillance des marchés, la formation des autorités de police, la coopération avec les pouvoirs publics et les actions en justice semblent les meilleurs moyens à retenir sur le long terme. Ils constituent un système mi-préventif, mi-répressif capable d’apporter des résultats au plus vite. Les domaines doivent profiter de la relation de confiance qu’ils entretiennent avec leur clientèle afin d’exposer la situation et véhiculer les rudiments du principe de précaution. La prochaine fois que vous ferez l’achat d’une bouteille et pour ne pas tomber dans la paranoïa, appliquez donc la méthode Reagan : “Trust, but verify”.

L’Espagne se donne les moyens d’être le futur leader mondial du vin

Monday 4 May 2009

Le ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation met en place un plan stratégique appelé “Estrategia Vino 2010″ ayant pour vocation de placer l’Espagne en position de leader mondial du secteur vitivinicole.
Cette initiative est le produit d’une longue réflexion au sujet d’un constat clairement mentionné dans le rapport : les pays traditionnellement producteurs de vin tels que l’Espagne, la France et l’Italie, n’ont ni su rester à la tête d’un marché qu’ils dominaient à l’origine, ni su exploiter l’émergence de nouveaux segments de production. Reconnaissant les fantastiques potentialités d’un marché en pleine expansion, l’Espagne considère explicitement le secteur des vins comme stratégique. Ce plan en question énumère les principales actions à mener d’ici à 2010 afin de préparer une démarche expansionniste.

Une étude du Credoc prévoit déjà que le premier vignoble du monde en surface (1,2 millions d’hectares représentant 15% du vignoble mondial) sera sans doute aussi le premier producteur mondial de vin d’ici à 2015, détrônant au passage la France. Avec des exportations en croissance de 12,7% en valeur et 14,8% en volume pour 2008, l’Espagne semble bien partie.

L’Espagne se donne les moyens d’être le futur leader mondial du vin

Les quatre piliers du plan “Estrategia Vino 2010″

Le premier pilier vise à améliorer la compétitivité de la chaîne de valeur du secteur vitivinicole.
Le second ambitionne de renforcer la professionnalisation des acteurs afin qu’ils soient plus équipés pour protéger et renforcer les avantages compétitifs espagnols.
Le troisième encourage le secteur à mieux identifier les caractéristiques fondamentales de la demande afin de pouvoir y répondre plus précisément.
Enfin, le dernier pilier soutient le développement de l’entrepreneuriat dans le secteur vitivinicole dans une logique d’innovation et de réponse aux exigences de la demande intérieure et extérieure.

Chaque pilier comporte un certain nombre d’objectifs à remplir. Un grand nombre de ceux-ci ont à trait à l’utilisation et au développement de nouvelles technologies dans le secteur vitivinivole, au respect de l’environnement, au développement d’une offre compatible avec la demande, au développement de l’attractivité du vin auprès des consommateurs Lire le reste de cet article »


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