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Archive pour June 2009

Vin : l’Inde ne la joue pas fair play

Monday 22 June 2009

Depuis un certain temps déjà, l’Inde se voit reprocher d’utiliser des pratiques protectionnistes à l’égard de son secteur des vins et spiritueux. L’Union européenne, comme les Etats-Unis et l’Australie, ont d’ailleurs déposé des plaintes auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), exigeant un abaissement des barrières tarifaires supportées par les boissons alcoolisées à l’entrée du pays.
La dernière décision en date de l’OMC donne cependant raison à l’Inde.

L’Inde ne la joue pas fair play

Afin de mieux cerner le problème en question, il est nécessaire de rappeler que l’Inde est une fédération d’États qui ont chacun un parlement et un gouvernement. La vente de boissons alcoolisées est réglementée en interne par chacun des 28 États qui composent la “plus grande république du monde”. Chaque État a donc ses propres règlementations et sa propre politique fiscale et douanière.
Pour en revenir à ce qui nous intéresse, on constate que la consommation de vin en Inde est un phénomène quasi exclusivement urbain puisqu’elle se réalise à plus de 90% dans les villes de Delhi, Mumbai, Kolkata, Chennai et Bangalore, quelques capitales étatiques, Goa et enfin partout où se trouvent les grands hôtels de luxe. Il existe le cas particulier de certaines îles où la consommation boissons alcoolisées est répandue et qui sont soumises à des régimes spéciaux.

Pour les professionnels du secteur, travailler en Inde c’est un peu comme travailler dans une trentaine de pays différents. Plus particulièrement, la consommation de vin étant assez exclusive et réduite, notamment par rapport à celle de bière ou de spiritueux, les volumes sont petits. La faible importance économique de la filière vin est sans doute la raison pour laquelle les régulateurs n’y ont pas prêté une grande attention avant de la soumettre aux mêmes modalités d’importation que les spiritueux ou la bière.
Le problème date de juillet 2007 lorsque le gouvernement national, cédant à la pression de l’OMC, a retiré le “mutli-tier Additional Customs Duty” qui pesait sur les exportations de vins et spiritueux à destination de l’Inde. Le droit de douane pour ces produits a ensuite été augmenté de 100% à 150%. Au même moment passait un texte de loi permettant au gouvernement de chaque État d’imposer une taxe supplémentaire sur l’importation de ces produits, équivalente à celle prélevée sur les vins produits nationalement.

Ces surtaxes ont contribué à rendre le marché très hermétique et à décourager les exportateurs. Les droits de douane, surtaxes d’État comprises, pouvaient atteindre 550%, un niveau que les syndicats professionnels américains et européens considèrent exagéré. Le gouvernement de l’État de Tamil Nadu est sans doute celui qui est allé le plus loin dans cette politique protectionniste puisqu’il a tout simplement fermé son marché à tous les vins et spiritueux qui ne sont pas de provenance indienne.

Des accusations justifiées

Un des rares endroits où il était encore possible d’acheter du vin à des prix raisonnables en Inde était dans l’État de Karnataka. Les taxes sur la vente de vins étrangers y étaient les mêmes que pour les vins nationaux. Poussé par le lobby des wineries locales qui demandaient à ce que la production indienne soit protégée de la concurrence étrangère envahissante, le gouvernement d’État a élaboré une nouvelle taxation Lire le reste de cet article »

Vin et histoire # 7: Jean-Jacques Rousseau (1712-1778), le vin en philosophie

Thursday 18 June 2009

Après Montaigne, abordons le rapport qu’un autre philosophe célèbre a entretenu avec le vin. Il s’agit de Jean-Jacques Rousseau qui s’est particulièrement intéressé à son symbolisme et à son influence sur l’homme.

Présentons succinctement cet illustre penseur du siècle des Lumières. Né à Genève dans une famille calviniste, abandonné par son père à l’âge de 10 ans, Rousseau se forme au gré de ses errances à pied et de ses rencontres. En particulier, celle avec Madame de Warens influencera grandement son œuvre.

Passionné de musique, il écrit des articles sur ce thème dans L’Encyclopédie. Il acquiert ensuite une notoriété philosophique avec sa théorie de l’homme dans le Discours sur les sciences et les arts (1750). Il y prend comme hypothèse méthodologique que l’homme naît naturellement bon et heureux mais que la société le corrompt et le rend malheureux.
Mais son œuvre principale, Du Contrat Social, analyse les principes fondateurs du droit politique. Il y propose un ordre naturel, conciliant la liberté individuelle et les exigences de la vie en société, qui inspirera toute la philosophie de la Révolution française.

Jean-Jacques Rousseau

Rousseau et le vin

Rousseau trouve dans le vin et plus généralement dans la nourriture des messages philosophiques.

Rousseau accorde en effet dans ses œuvres un fort symbolisme à la nourriture et plus particulièrement au vin. La boisson est en effet, selon lui, source de la distinction entre les hommes et les femmes. Dans Emile ou de L’Education, il déclare : « les femmes mangent du pain, des légumes et du laitage » (p 248). Après, son amie Sophie va donc en manger. « Sophie a conservé le goût propre de son sexe : elle aime le laitage et les sucreries ; elle aime la pâtisserie et les entremets mais fort peu la viande ; elle n’a jamais gouté ni vin, ni liqueur forte. » Emile ou de L’Education, (p 749)

A l’opposé, les hommes chercheront saveurs fortes et liqueurs spiritueuses, vin noir et viande rouge. Cela va parfois les viriliser à l’excès. « Les grands mangeurs de viande sont en général cruels et Lire le reste de cet article »

Lettres d’Amérique # 7 : Du chocolat spécial vin

Monday 15 June 2009

On trouve toutes sortes de choses aux États-Unis. Voici donc l’histoire des chocolats créés et vendus spécialement pour s’accorder avec le vin, trouvés au détour d’un magasin de sucreries au cœur de San Francisco.

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Dans le paquet, on trouve du chocolat qui s’accorde avec du cabernet (sauvignon, selon toute vraisemblance), du merlot, ou du zinfandel, sous forme de petites pépites de diverses teneurs en cacao. Si l’on en croit les fabricants, c’est le zinfandel qui ira le mieux avec  les chocolats les plus forts, tandis que les deux autres cépages ne pourront supporter que des chocolats légers et doux, avec peu d’amertume.

Le verdict ?

Ces chocolats ont été testés dans un restaurant, à la fin du repas, avec un verre de chacun des vins mentionnés ci-dessus, comme prescrit par le fabricant. Nous n’avons pas réussi à obtenir plus d’informations sur l’origine exacte des vins, si ce n’est qu’ils sont bien élaborés à partir des cépages demandés, et qu’ils proviennent de la Napa Valley exclusivement. Pour le reste, il s’agissait apparemment de leur sélection “au pichet”, ou au verre, mais le serveur n’avait pas plus d’indications à nous donner.

De prime abord, l’accord n’est pas mauvais. On arrive toujours à discerner les qualités du chocolat, celles du vin, et l’ensemble n’est pas déplaisant. Vous l’aurez compris, les avis sont plutôt mitigés sur la question.

Le chocolat est bon, mais sans plus : à ce prix-là, nous nous attendions à une meilleure qualité, mais il faut croire que nous avons avant tout payé pour le concept, plus que pour le chocolat en lui-même. Le vin, lui, n’est pas d’une très grande qualité non plus : problème inhérent au vin en question ou simple souci d’adaptation au goût américain, assez différent de nos habitudes européennes ?

Nous proposons à des américains de la table voisine de goûter l’accord : ils sont unanimes, ne trouvent rien à redire ni au vin ni au chocolat, et adore le mélange des saveurs. Les Européens seraient-ils des pinailleurs ?

Le vin rosé sauvé !

Tuesday 9 June 2009

Mauvaise nouvelle pour tout les néophytes sans connaissances œnologiques qui pensaient pouvoir se lancer dans la production “à l’œil” de vins rosés : la Commission européenne a finalement renoncé à son projet de directive autorisant le mélange de vin rouge et de vin blanc dans l’élaboration du rosé.

Ce projet faisait partie d’un plan de modernisation et d’homogénéisation de la filière vin en Europe. La France et l’Italie ont mené le front d’opposition à cette directive avec en première ligne les viticulteurs du Comité Interprofessionnel du Vin de Provence (CIVP), première région productrice de vins rosés. Contrairement à ce qu’avait pu penser Madame Marianne Fischer Boel, commissaire européen à l’agriculture et au développement rural, le rosé n’est pas le produit d’un mélange de vin rouge et de vin blanc. Il peut être obtenu soit par “saignées” soit par “pressurage direct” et la seule région française qui bénéficie du droit de coupage est la Champagne-Ardenne dans le cadre de la production du champagne rosé.

Le vin rosé sauvé !

Rendons à César ce qui appartient à César : Une belle réussite pour la filière vin

Il convient de féliciter le CIVP qui a su démontrer à une filière ravagée par de petites rivalités que l’union fait la force. Réunis autour d’un projet collectif contre une menace commune, les vignerons de Provence, et tout ceux qui se sont joints à la résistance, peuvent être fiers de ce résultat. En Mars, la seule consolation que semblait éventuellement pouvoir proposer Madame Fischer Boel était l’étiquetage d’une mention “Vin Traditionnel” sur les bouteilles de rosés. Ils partaient donc de loin !
Ce qui inquiétait dans ce projet de réforme était la possibilité d’inondation du marché par des vins rosés de mauvaise qualité, réalisés à partir de stocks d’invendus de mauvais vins rouges et blancs. Ces bouteilles auraient été commercialisées au même titre que le “vrai rosé” sans que le consommateur Lire le reste de cet article »

Publicité pour l’alcool sur Internet : le Sénat a le mot de la fin

Saturday 6 June 2009

Après avoir été plusieurs fois repoussé, l’examen de l’article de la loi Hôpital Patient Santé Territoire consacré à la publicité sur l’alcool sur Internet a eu lieu hier dans la soirée au Sénat.

Le Sénateur Roland Courteau a insité sur l’importance d’éduquer et de  responsabiliser les citoyens plutôt que de combattre l’alcoolisme par la pure répression, prenant exemple sur la politique de prévention mise en place au Québec. Le Sénateur François Patriat a souligné que la loi Evin, qui avait pour objectif de limiter l’exposition des consommateurs à la publicité servait aujourd’hui de prétexte à une diabolisation de l’alcool néfaste à un pan essentiel de notre culture.

La Sénatrice Anne-Marie Payet (en photo ci-dessous) avait déposé un amendement visant à limiter la publicité sur les seuls sites des distributeurs et des producteurs. Cela revient de fait à interdire la publicité puisque faire de la publicité sur son propre site cela revient dans le monde physique à faire uniquement de la publicité dans sa propre boutique…

A l’issue du débat, l’amendement de la sénatrice Payet a été rejeté et la loi telle qu’elle avait été votée à l’Assemblée Nationale n’a pas été modifiée. La publicité sur l’alcool sur Internet est donc autorisée à l’exception des sites destinés à la jeunesse et des formats publicitaires intrusifs dans la mesure où la publicité respectera les obligations de la loi Evin.

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