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Archive par auteur

La glocalisation du vin

Monday 28 July 2008

Qu’est ce que la Glocalisation ? Eh bien c’est un néologisme américain qui naît d’une combinaison de Global et de Local. Le mot décrit le paradoxe entre la globalisation des échanges, des valeurs, et la montée en puissance des influences et valeurs locales. La glocalisation est un paradoxe majeur du phénomène de mondialisation.

La définition peut s’appliquer au monde du vin, on dira alors qu’il devient de plus en plus « glocal ».

Le monde du vin s’internationalise. Les faits ne manquent pas pour souligner ce phénomène. Mais ce qu’il est intéressant de souligner, c’est que le paradoxe de la glocalisation est très marqué. En effet, les jeunes producteurs ont tendance à voyager, à découvrir de nombreux horizons avant de reprendre l’exploitation familiale. Une sorte de tour du monde pour mieux revenir aux valeurs régionales. C’est ainsi que cet enrichissement, ces expériences, ces voyages, seront finalement mis au service du terroir, une fois le jeune viticulteur de retour au pays.

La glocalisation agit d’une autre manière. Ainsi ce que l’on appelle les « Flying Winemakers » en sont un exemple frappant. En effet, ces consultants vinifient de nombreux domaines, réparti généralement dans le monde entier. Des producteurs auront même un domaine en France, en Espagne, au Chili et en Australie. Pourtant cette expérience de globalisation aura pour but de mieux faire ressortir le terroir et les caractéristiques régionales des domaines vinifiés.

Ainsi malgré l’internationalisation des styles, les célébrités « globales » du monde du vin seront utilisées pour faire ressortir la qualité d’un terroir « local ». Le but avoué de ces démarches est d’attirer l’attention sur un vin ou un domaine, en profitant de la crédibilité internationale de ces Flying Winemakers. Et ça c’est agir glocalement.

Mais une question subsiste : Quelle caractéristique dominera ? le global ou le local ? L’avenir proche nous le dira.

Le vin sur Internet : c’est mal engagé…

Friday 25 July 2008

Ainsi que nous l’avions annoncé un Groupe de Travail a été mis en place par la présidence de la république pour établir des propositions de modification de la loi Evin. Le président de ce groupe de travail a rendu une première proposition. Nous avons pu nous procurer la proposition du président du groupe de travail et la lecture de cette dernière nous a beaucoup inquiété.

Cette proposition s’articule autour de deux points : interdiction de la publicité pour le vin et horaires de fermeture quotidiens pour les sites consacrés au vin.

C’est bien sûr inacceptable et nous organisons la riposte. Nous vous en dirons plus la semaine prochaine…

Vinterview #2 : le blog du caviste Jacques Gignoux

Friday 25 July 2008

Aujourd’hui pour la deuxième édition de notre série Vinterview, nous avons rencontré un caviste de Sarzeau, Jacques Gignoux.

Ce passionné de vin est à l’origine titulaire du diplôme de l’école Hôtelière de Vannes. Suite à sa formation il devient cuisinier, et continue cette activité pendant 20 ans. C’est en 2002 qu’il décide de tout quitter et se consacre alors à sa passion, le vin. Il travaille dans un caveau quelques années, et décide en 2006 de créer sa propre cave avec 2 associés !

Son activité de bloggueur est une démarche personnelle. En effet, il ne compte pas en retirer de bénéfices commerciaux, et ne l’utilise pas comme un outil de promotion. Jacques a pour seule volonté de faire partager sa passion et confronter ses idées aux avis d’autres lecteurs et passionnés. L’approche de son métier et de son blog sont semblables : il faut aller vers les consommateurs et encourager les néophytes à faire le premier pas dans le monde du vin. Pour Jacques, il semblerait que cette sacralisation du vin soit un frein immense à la consommation. Pourtant il croit énormément dans la nouvelle génération, et dans la volonté des jeunes d’apprendre à apprécier le vin et à s’éduquer. 

Ainsi sont organisés des cours de dégustation à la Cave de Sarzeau, avec Jacques comme animateur. Il essaye alors de transmettre sa passion en « parlant avec le cœur ». Et pour plus d’efficacité, il publie un résumé des cours sur son blog pour les absents ou pour les intéressés.

Car ce bloggueur-sommelier-caviste a conscience qu’Internet est une opportunité extraordinaire pour le monde du vin, et surtout pour la communication. Mais il est aussi très inquiet quand à la législation Française et les conséquences d’une loi Evin trop envahissante. Pour lui l’éducation et la sensibilisation au vin par internet seraient un moyen fantastique pour relancer l’engouement autour du vin. Son idée? Pouvoir enregistrer des cours de dégustation vidéos et régulièrement les poster sur YouTube, un peu à la manière de Gary Vynerchuk et sa WineLibraryTV.

Si vous êtes du coté de Sarzeau n’hésitez surtout pas a passez a la Cave pour échanger quelques idées avec un passionné de vin qui vous fera découvrir son univers de plus de 500 références.

En attendant allez faire un tour sur son blog et n’hésitez pas à réagir, il appréciera : http://aboireetamanger.spaces.live.com/

Le vin en canette : sacrilège ou sens de l’histoire?

Wednesday 23 July 2008

Le vin est de plus en plus considéré comme un produit de luxe. Il est vrai que sa consommation est régie par des codes, et que son appréciation dépend de nombreux facteurs souvent subjectifs. Pourtant une nouvelle tendance pointe le bout de son nez avec provocation : la cannette de vin. Par cannette on entend le contenant métallique, c’est ce qu’on appelle une “boîte” dans le jargon technique et une “canette” dans le langage courant.

Une canette venue du froid

Deux designers suédois, Jens Andersson et Jonas Forsman ont crée une canette spécialement conçue pour la consommation de vin. Ces canettes de 33 centilitres bénéficient d’un design plus classe et plus épuré que les cannettes classiques.

wine_cans.jpg

Ce n’est pas la première fois que des canettes de vin sont lancées. Une société australienne (Barokes) a lancé une gamme de vins en canettes et a connu un succès mondial. L’originalité des suédois consiste en leur design. L’image du vin s’accomode assez mal avec le côté production industrielle véhiculée par une simple canette en aluminium.

Peut-on boire du vin en canette?

D’un point de vue technique, des recherches préalables au lancement ont permis de supprimer le goût du fer de la canette et d’offrir au vin une conservation moyenne de 5 ans. De quoi amplement profiter d’un vin. Evidemment, les puristes ne veulent pas entendre parler de ce type de contenant réservé à la bière et au soda. Le vin n’a jamais été consommé de la sorte, et bien évidemment il sera difficile d’imposer ce mode de consommation.

Cela étant on peut se demander si le fait de vouloir figer le vin dans ses contenants traditionnels n’est pas un obstacle aux nouveaux modes de consommation du vin…

Un contenant en phase avec les nouveaux modes de consommation?

Cette nouveauté pose la question légitime de la sacralisation du vin. C’est en effet un produit de luxe qui doit être mis dans des conditions parfaites pour être dégusté. Mais il serait dommage de réduire la consommation de vin à cet aspect élitiste car le vin est bu Lire le reste de cet article »

La Californie : du vin et des flammes

Tuesday 22 July 2008

Les semaines passées, de sérieux incendies ont causé de très importants dégâts aux vignobles Californiens. Ainsi plus de 20 000 hectares sont partis en fumée en seulement 3 semaines, et la totalité des feux ne sont pas encore maîtrisés. Même si les plantations n’ont été que peu touchées proportionnellement au reste des terres, le problème soulevé par les experts est d’une autre nature: est-ce que la fumée due aux feux sauvages aura un impact sur le millésime 2008 de la région ?

Les effets sur le vin

Les domaines qui se trouvent les plus proches des flammes ont été balayés incessamment par les nuages de fumées faisant naître des inquiétudes quant aux possibles conséquences sur le vin. Les rumeurs font échos d’une théorie selon laquelle les raisins pourraient absorber les résidus déposés par la fumée avec pour incidence de colorer légèrement le vin et d’en modifier son goût.

Ces rumeurs s’avèrent pourtant avoir été confirmées par des études, réalisées dans des conditions similaires mais en Australie. Ainsi, une simple exposition de quelques heures à la fumée suffirait pour modifier le goût du vin en lui donner un côté brûlé qui n’est généralement pas recherché…. De plus, les fumées ont touché les raisions au pire moment c’est à dire lorsque les raisins prennent du volume. On aurait pu croire que l’impact serait pire au moment des vendanges mais il n’en est rien.

Bacon fumé ou fût de chêne?

Alors une fois que ce constat est fait, quelle est la réaction des vignerons Californiens ? Même si les inquiétudes tournent naturellement autour de ce sujet, les actions engagées ne sont pas pour autant drastiques. L’expérience face au phénomène est faible, et de plus, les viticulteurs semblent dubitatifs quant aux résultats de l’étude Australienne. Par conséquent la tendance générale est à l’attente et à l’observation.

Cependant, un certain Bob Kreisher semble plus alarmiste au milieu de l’attentisme général et fait des actions de prévention autour des producteurs de Napa et de Sonoma. “Tout le monde devrait être inquiet, les vins auront un goût de bacon fumé si nous n’agissons pas” s’exclame t-il. Ce constat est compréhensible quand on connaît l’activité de Bob Kreisher. Il est en effet président d’une entreprise de filtration qui offre au vigneron la possibilité de supprimer l’impact gustatif et visuel de la fumée sur son vin. Bref, un cri d’alarme visiblement intéressé!

Et c’est dans cette ambiance un peu inquiète que les viticulteurs Californiens vont attendre le résultat des vendanges 2008. En espérant, que le goût légèrement fumé ressemblera plus au boisé obtenu grâce à l’élevage en fûts de chêne qu’au parfum de bacon…