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Crise du vin, vin de crise !

Thursday 23 July 2009

 In crisis Veritas ?

La crise est sur toutes les lèvres, décryptée dans tous les médias, présente dans tous les esprits. Les français se focaliseraient sur les achats essentiels… Adieu superflu !

Depuis la fin des années 70, on observe que le vin n’accompagne plus tous les repas, qu’il est devenu un produit festif, convivial, mais plus un produit du quotidien. Ses apparitions se raréfient, ses amateurs aussi.

Si l’on y ajoute les campagnes sanitaires gouvernementales, l’arrivée en grandes pompes des concurrents d’outre-Atlantique, et la règlementation toujours plus restrictive imposée par les instances bruxelloises, on pourrait presque se demander s’il restera des viticulteurs en France en 2010.

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Et pourtant !

Même si les experts sont unanimes sur la réalité de cette crise, les avis sur ses conséquences divergent. Certains hurlent à la catastrophe, quand d’autres s’exclament de l’exception viticole française. Et pour lutter contre la morosité ambiante, Findawine.com prend le parti de ceux qui voient la vie en rose !

Ce qu’il faut retenir :

-Tout d’abord, l’histoire joue en notre faveur. Le vin français n’est pas encore complètement descendu de son piédestal (au moins en France) et il suffit de faire un tour chez les cavistes ou en grande distribution pour constater que la fameuse concurrence des vins du nouveau monde sur le marché français relève plus du mythe que de la réalité. Evidemment dès qu’on traverse la manche c’est une autre histoire…

-La diversité de l’offre joue aussi en notre faveur. La viticulture française est présente sur tous les segments, cela permet de ne pas perdre de clients, mais juste d’observer un transfert de ceux qui souhaitent simplement s’orienter vers des vins plus abordables qu’à leur habitude (entre 3 et 8€).

-Dans cette terrible bataille des chiffres, on notera que les grands crus s’en sortent plutôt bien puisque le Liv-ex (indice d’évolution des 100 meilleurs vins français) affiche une progression de 253% depuis 2004, contre seulement 16% pour le CAC40.

Un bémol…

Seule fausse note dans cette symphonie de bonnes nouvelles, les exportations sont bel et bien en baisse… de 20% selon le bureau New-Yorkais de Sopexa.

Un bécarre !

Si l’on regarde un peu en arrière, on se rendra compte que l’industrie viticole française a survécu à deux crises économiques et à deux guerres mondiales. Le désespoir n’est donc pas encore à l’ordre du jour.

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Et un grand bravo à Alex pour le montage !

Vins de bordeaux : de crus en questions

Monday 25 May 2009

 Week-end des grands amateurs bordeaux

Le 16 mai se tenait à l’initiative de l’Union des Grands Crus de Bordeaux le Week-End des Grands Amateurs.C’était une occasion unique de déguster près de 100 grands crus classés parmi lesquels, en vrac (sans mauvais jeu de mots) : Pape Clément, Angélus, Clinet, Lafitte Rothschild, Climens, etc…

Quelques mots sur les vins…

Les émotions de dégustation étaient là et beaucoup de producteurs proposaient des millésimes “buvables” (entre 5 et 12 ans d’âge) en plus du 2006 qui constituait la figure imposée.

Naturellement, les grands rouges étaient grands, les grands blancs ne l’étaient pas moins mais ce n’était pas les têtes d’affiches qui m’ont le plus séduites… (peut-être aussi parce que si j’aime les grands vins, je ne parviens pas pour autant à m’affranchir de la question du rapport qualité-prix).

J’ai ainsi été particulièrement marqué par le Château Sigalas Rabaud 2001 (Sauternes), un vin d’une grande complexité et d’un bel équilibre pour une fraction du prix d’un Climens ou d’un Yquem ainsi que par le Château de Fargues 2002 (Sauternes), une explosion de fruit, une très belle vivacité, le meilleur sauternes que j’ai gouté sur le salon.

Château Troplong Mondot 2004 rouge

En rouge, mon coup de coeur va à Troplong Mondot pour son millésime 2004. Doté d’une engageante robe rubis sombre, il révèle des notes de fruits noirs et de fumée au nez. En bouche, on y retrouve une association complexe mais plaisante de cassis, mûres, cerises, tabac, chocolat ainsi qu’un arrière goût graphité qui m’a rappelé un Ducru Beaucaillou du même millésime. Globalement, le Cabernet Franc s’y exprime avec panache et élégance. La profondeur est là, la concentration aussi. Les tanins sont d’une grande finesse et s’ils sont déjà presque agréables, ils confirment que ce vin est bel et bien fait pour la garde. J’ai eu l’occasion de constater que les critiques professionnels n’étaient pas aussi conquis que je l’ai été et tant mieux ai-je envie de dire : j’ai trouvé ma perle à un budget pas si déraisonnable (une quarantaine d’euros)…

Mise en perspective : les questions à creuser

Si vous nous lisez régulièrement,  vous le savez déjà : nous aimons le vin plus que tout mais nous l’abordons ici par un angle plus général que la simple dégustation.

Et de ce point de vue, cet événement de l’Union des Grands Crus de Bordeaux n’est pas inintéressant car il contribue à nourrir une réflexion sur les problèmes que rencontre aujourd’hui la majorité des vins de la région de Bordeaux…

En effet pour 1% de producteurs de grands crus dont les vins sont pricés de sorte à répondre à une demande mondiale existante mais pas si prévisible qu’il n’y paraît (les fluctuations de prix importantes sont une des marques de fabrique des grands vins de bordeaux…), la majorité invisible (et silencieuse à ce jour) des producteurs bordelais érpouve des difficultés pour produire et écouler des vins ciselés, des “vins joyaux” a-t-on envie de dire, car le marché semble ne vouloir de bordeaux que des grands crus (trop rares) et des vins relativement bon marchés mais profitables de par l’image que leur confère le label “Bordeaux”, notamment à l’étranger.

Ce phénomène et les intuitions qui l’accompagnent méritent une analyse plus poussée, que nous ne manquerons pas de mener dans de prochains articles.

L’élaboration du vin rosé : manuel pédagogique à destination des législateurs européens

Monday 27 April 2009

C’est aujourd’hui que devait être prise la décision de la Commission Européenne sur le projet d’autorisation des mélanges de vin blanc et de vin rouge pour faire du rosé. Cette décision est finalement reportée au 19 juin et pendant que le débat fait rage interrogeons nous sur la question de l’élaboration traditionnelle.

Comment fait-on du vin rosé ? Mieux comprendre les différentes étapes qui constituent son élaboration permettra d’avoir une meilleure idée des causes défendues par les vignerons de Provence, plus grande région productrice de vins rosés en France. A lire d’urgence donc avant le 19 juin, date du vote final au parlement européen.

L’élaboration du vin rosé : rmanuel pédagogique à destination des législateurs européens

On dit souvent du vin rosé qu’il est un vin technologique. Cette réputation un peu restrictive fait référence à l’importance des premières étapes, les opérations pré-fermentaires, dans le processus de vinification. Une fois arrivés à la cave, les raisins sont en effet soumis à un certain nombre d’opérations nécessaires à leur transfert, au tri, à l’extraction des moûts, à leur clarification et à leur protection.

Dès la vendange commencée, le vinificateur ne dispose que de quelques heures pour faire, à partir de raisins rouges ou noirs, un rosé correspondant à ses critères définis. Il doit décider du sulfitage et autres intrants, du type de macération, de sa température, de sa durée tout en intégrant dans ce système la qualité des raisins et les contraintes de cave, qui peuvent être matérielles ou humaines. Pour le rosé les principaux cépages utilisés sont le cabernet franc, le merlot, le pineau d’Aunis, le pinot noir, le gamay, le carignan, le cinsaut, le grenache noir, le tibouren, la syrah et le mourvèdre, parmi d’autres qu’on aurait pu citer aussi. Selon les régions ou les cépages, les moyens pour obtenir du moût à partir de raisins rouges et noirs peuvent varier.

Le pressurage direct

En Provence, où l’on cherche une couleur pâle et une certaine finesse aromatique, la technique du pressurage direct est très répandue. Les raisins, vendangés à la main ou mécaniquement, sont directement déversés dans le pressoir de sorte que la macération ne dure que le temps du remplissage. L’extraction est ensuite lancée selon un cycle dans lequel se succèdent des phases à des niveaux de pression qui augmentent progressivement, alternées avec des phases de “rebéchage” pour évacuer le marc.

Selon le type de vin recherché, ces jus seront conservés ou non et peuvent être vinifiés séparément. La couleur et les caractéristiques gustatives du jus obtenu évoluent considérablement au cours du pressurage. Une élément important de cette évolution est la gestion de l’agressivité tannique. Le fonctionnement discontinu des pressoirs actuels impose une organisation du chantier de récolte de sorte à optimiser le flux de raisins vers l’atelier de pressurage, qui doit aussi être dimensionné en conséquence.

La saignée

A Bordeaux en revanche, les Clairets sont traditionnellement élaborés par saignée des cuves de vin rouge. Cette technique consiste, après quelques heures (6 à 24h) de macération à soutirer une partie du jus (5 à 15%) qui fournira la base des vins rosés. Le reste de la cuve permet d’élaborer un vin rouge riche en polyphénols (“tannins végétaux”). Historiquement, c’est d’ailleurs dans l’objectif d’obtenir des vins rouges “corsés” que la saignée a vue le jour.

Cette technique convient particulièrement pour les caves non spécialisées dans l’élaboration du rosé puisqu’elle présente un certain nombre d’inconvénients. Les premiers jus obtenus lors du pressage sont aussi les plus sucrés et le rosé élaboré est souvent très “alcooleux” après fermentation. Les rosés obtenus par saignée sont aussi en général plus colorés que que ne le sont les rosés de Provence, plus populaires sur le marché. Phénomène de mode ou non, les rosés très tintés sont moins appréciés. Le dernier grand inconvénient tient au fait que les caves utilisant cette méthode ne peuvent pas véritablement se spécialiser sur le segment rosé puisque le rendement d’extraction est limité à un maximum de (plus ou moins) 20%. Cela dit, ces vins rosés constituent une intéressante diversification de l’offre.

Il existe enfin une méthode intermédiaire qui consiste à faire la macération du jus en cuve ou dans le pressoir à cage fermée, de sorte à assurer un contact contrôlé entre le jus et les pellicules. Contrairement à la saignée, après écoulage de tout le jus, le marc frais est pressé et peut être incorporé en totalité au jus de goutte.

Puisqu’on parle de couleur et manifestement pas de goût, parlons couleur !

La grande question autour de la couleur passionne les vignerons. C’est tout un art selon le vin qu’on souhaite élaborer et les difficultés sont nombreuses. La couleur des vins rosés provient en effet du contact entre la matière solide et le jus. Ce contact permet la diffusion de certains composés comme les anthocyanes, responsables de la “coloration“ des vins, de la pellicule vers le moût. Au cours de la vinification, la perte des anthocyanes est quasi constante quelle que soit la région et le millésime. Bien que l’évaluation de ces composés soit délicate sur les vins rosés compte tenu de leurs faibles quantités, les pertes sont toujours voisines de 50%. La couleur du vin est donc plus ou moins déjà définie dès les premières étapes de la vinification et l’obtention du jus. Le Centre de Recherche et d’Expérimentation sur le Vin Rosé estime que 60% à 80% de l’intensité colorante est perdue au cours de la fermentation alcoolique. L’élevage et l’assemblage vont aussi servir à modifier l’apparence du vin. Le vinificateur doit avoir ces différents éléments en tête et à l’avance pour obtenir un produit pour lequel il a parfois déjà élaboré une stratégie marketing (tonalités de l’étiquette sur la bouteille par exemple).

Tous ces problèmes seront bientôt réglés grâce au fameux projet de directive européenne autorisant le mélange des vins pour faire du rosé. Merci Madame la commissaire européenne pour l’agriculture et le développement rural. On verse un peu de rouge dans du blanc (pourquoi pas un peu de cabernet sauvignon dans du riesling !) et on touille…ça ne ressemble à rien, et c’est mauvais. Pour le plus grand bonheur des yeux et des papilles, on achètera traditionnel.

Château Latour : à vendre !

Monday 12 January 2009

Des rumeurs circulent actuellement, qui disent que Château Latour ferait prochainement l’objet d’une vente. Cette information, publiée par le Sunday Times, n’a pas été confirmée, mais le magazine indique que des sources, dans l’industrie du vin, affirment que la propriété serait sur le marché.

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Les détails

Château Latour est pour le moment la propriété de la société Artemis, appartenant elle-même au groupe PPR, présidé par François Pinault (Pinault détient aussi la maison de ventes Christie’s, et de nombreuses marques de luxe, comme Gucci par exemple). Il semblerait que la vente soit effectuée par la banque Lazard, et on parle de prix avoisinant 150 à 200 millions d’euros (alors que des sources de la région bordelaises parlent de quelques 600 millions) pour 78 hectares de vignoble.

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Qu’adviendra-t-il des primeurs 2007 ?

Monday 21 July 2008

La campagne primeurs 2007 est désormais terminée, avec les dernières sorties, les dernières mises en vente des crus bordelais. Le verdict reste néanmoins pessimiste, certains experts s’inquiètent : en bref, cette campagne ne se solde pas vraiment sur une note positive.

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Au début de la campagne, après les dégustations, les experts et critiques disaient à qui voulait bien l’entendre qu’il fallait baisser les prix, puisque le millésime n’était pas à la hauteur de 2005 ou 2006, et qu’il était grand temps de mettre un terme aux surenchères qui ont caractérisé ce marché depuis quelques années, avec des vins atteignant des prix exorbitants.

Si certains châteaux ont suivi ces conseils, avec des baisses de l’ordre de 15 à 20 % par rapport aux pris du millésime 2006, ce n’est pas le cas de la majorité, qui est resté sur des tarifs équivalents, pour un millésime dont on s’accorde à dire qu’il n’a pas la qualité du précédent.

Les questions que l’on se pose

A quel prix doit-on vendre un vin ? A sa valeur, en tant que vin, produit de la vigne, doté de telle et telle qualité gustative ? En fonction des coûts de production, des coûts supplémentaires générés par le “sauvetage” d’un “millésime difficile” ? En fonction du marché, et de la spéculation ?

Et quelle est la valeur d’un vin ? Comment peut-on parier sur la valeur future d’un vin goûté presque avant sa Lire le reste de cet article »


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