Vin et cancer : qui croire ?
Friday 27 March 2009Il y a la tradition et puis il y a la science. Quelles sont les conséquences de la consommation de vin sur notre santé ? La grande médiatisation de certaines études dédiées à ce sujet nous laisse à la fois perplexes et inquiets.
De nouvelles études sur le lien entre vin et cancer
Une étude de l’Institut National du Cancer (Inca), dont les résultats sont parus il y a plus d’un an déjà mais qui a été opportunément ressortie pendant les débats autour de l’adaptation de la loi Evin à Internet, ainsi qu’une autre (récente celle-ci) de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni s’accordent pour conclure que la consommation de vin est cancérigène. Selon l’Inca, les risques commencent dès le premier verre. Encore une conclusion qu’on peut opposer au “French paradox” qui désigne l’apparente contradiction entre les pratiques alimentaires des français et leur santé. La diète typique du Sud Ouest est en effet globalement riche en matières grasses et en vin, voire en boissons alcoolisées, alors que la santé globale est bonne. Le taux d’infarctus est de seulement 80 pour 100.000 par an, soit quatre fois moins qu’aux Etats-Unis et l’espérance de vie est de dix ans plus élevée que dans le Nord de la France. Des études antérieures avaient émis l’hypothèse que la consommation de vin rouge à dose raisonnable (un ou deux verres par jour) prévenait le développement des maladies cardio-vasculaires ainsi que certains cancers. Qui écouter alors ? La publication d’une nouvelle grande étude française à ce sujet, la cohorte Color, nous permet de faire le point.

La cohorte Color
Cette étude analyse les liens qui existent entre consommation de boissons alcoolisées (vin, bière, alcools forts) et mortalité par différents types de cancers sur une cohorte de 100.000 personnes (du Nord Est de la France) suivies pendant 25 ans. Si l’alcool en général est bien un facteur de risque pour de nombreux cancers, la consommation modérée de vin rouge protège contre un certain nombre d’entre eux. L’analyse de la cohorte montre en effet qu’une consommation modérée d’alcool, plus particulièrement de vin, est associée avec une réduction de 40% de la mortalité cardio-vasculaire chez l’homme d’âge moyen. De la même manière le vin (et seul le vin parmi les boissons alcoolisées), consommé à la dose d’un à trois verres par jour chez l’homme est associé avec une baisse de 20% de la mortalité par cancers.
Parmi les facteurs de risque de mortalité par cancers, on trouve un niveau d’éducation bas, une tension artérielle élevée, un taux de cholestérol bas, le tabagisme, la sédentarité et le fait de ne consommer que très peu d’eau. Alors que plus la consommation d’alcool est élevée, plus le risque de mortalité par cancers augmente, la préférence pour le vin, et ce quelle que soit la dose d’alcool, est associée avec un risque significativement plus bas de mortalité par cancers (du poumon, du tube digestif, de la bouche et du pharynx). S’il existe un point sur lequel les études de Lire le reste de cet article »


